TICE : quel projet pour mon établissement ?





Une approche pédagogique globale













































































 
         
 



TICE : quel projet pour mon établissement
?










 




 


     
     

Une approche pédagogique
globale






Dans le cadre d’une approche éducative
globale, l’introduction des techniques d’information dans
les pratiques pédagogiques procède de trois catégories
d’objectifs, et donc d’autant de logiques complémentaires
: renouvellement des pratiques pédagogiques par l’introduction
de nouveaux outils ; formation des futurs travailleurs ; éducation
des futurs citoyens.

Seule l’exploration systématique
des potentialités des techniques d’information placera les
élèves comme les enseignants dans la perspective de l’entrée
dans la société de l’information.




 
     

Renouvellement
des pratiques pédagogiques




Avec l’arrivée de nouveaux outils
pédagogiques, les approches se trouvent renouvelées, en
ce qui concerne tant les activités au sein des disciplines que
celles conduites dans le cadre de projets éducatifs, inter ou
transdisciplinaires.

Sans se contenter d’une simple transposition
électronique d’usages antérieurs, il s’agit
surtout d’envisager de quelle manière les techniques modernes
d’information modifient la relation aux contenus d’enseignement,
ce qui conduit, de fait, à une modification profonde des pratiques,
déjà effectuée, au moins partiellement, dans d’autres
pays.

Ce n’est pas sur les disciplines
mais sur l’ensemble des projets et initiatives développées
autour des médias, notamment électroniques, qu’il
faut se tourner. Il n’est pas question de faire de la technologie
pour la technologie mais d’assurer une maîtrise des médias
et des instruments et vecteurs d’expression à partir de
pratiques qui connaissent un ample développement en milieu scolaire.

Utilisation de documents sous forme électronique
(CD-Rom, Internet, services Intranet internes, etc.) dans le cadre de
disciplines ou d’activités transversales, développement
des capacités d’analyse par rapport à l’information
véhiculée mais aussi par rapport au média qui la
porte, mise en place et support d’initiatives de production telles
que celles développées de longue date dans le domaine
des journaux scolaires et de la vidéo, tous ces éléments
peuvent conduire à élaborer une activité pédagogique
riche et renouvelée dans le cadre du projet de l’établissement.

Les moyens modernes de communication,
et notamment les services en ligne et Internet, permettent aujourd’hui
à ces projets et à ces activités de sortir hors
de l’établissement. Il devient alors possible d’alimenter
la réflexion commune et l’action pédagogique des
enseignants d’une académie, et, à terme, d’une
profession dans son ensemble.




 
     

Formation
des futurs travailleurs




La formation des futurs travailleurs fait partie
des missions fondamentales de l’école. L’avènement
de la société de l’information conduira dans un futur
proche au développement de métiers du savoir et de l’information
au sens large du terme.

Qu’il s’agisse par exemple
de génie logiciel ou des activités liées à
la veille informationnelle, les métiers existent déjà,
mais ils doivent connaître dans les années à venir
un large développement et, sans doute, de profondes modifications.

Et qui plus est, la généralisation
rapide d’Internet et des réseaux numériques laisse
présager le surgissement prochain de nouveaux métiers,
notamment liés aux activités sociales et aux besoins d’accès
à l’information, et entrevoir l’utilisation des réseaux
en tant que moyen d’expression.

On devine, par exemple, le formidable
potentiel d’activité sociale et culturelle ouvert par l’implantation
des réseaux câblés de ville qui donnent accès
non seulement à la télévision et à Internet
(dans un proche avenir), mais contribue aussi, pourquoi pas, à
multiplier les services d’informations sur la vie de la cité,
à mettre en place des canaux de télévision et de
radio locales sans être contraint par la limite de capacité
d’un média... Et c’est ce champ immense du développement
de services interactifs qui conduira à renouveler les approches,
aussi bien pour les administrations que dans le secteur commercial.

Nul n’ignore à présent
que la reprise économique des États-Unis est fondée
à plus des trois quarts sur les métiers de l’information
; déjà, en France, la plupart des produits et services
commercialisés ont une « valeur d’information »
qui multiplie leur coût par deux, ce qui place ce secteur pratiquement
en tête de la production de valeur ajoutée. Qu’on
en juge : dans un secteur aussi traditionnel que l’agroalimentaire,
une cuisse de poulet sous emballage Cellophane que l’on trouve
dans les rayons des grandes surfaces représente une valeur en
recherche et développement qui dépasse la moitié
de son prix de revient !

Si la France doit demain se placer dans
le concert économique lié à ce développement
des métiers de l’intelligence, il convient dès à
présent d’élaborer les compétences qui le
lui permettront.

Il est indispensable bien sûr d’adapter
à ces métiers des formations performantes dans des filières
spécialisées, et de mettre les formations existantes en
adéquation avec les nouveaux contextes. Mais, au-delà
de métiers nouveaux, l’information et ses pratiques doivent
devenir des comportements acquis dès le plus jeune âge.
Seule cette approche contribuera à l’intégration
de compétences fondées sur une acquisition précoce,
d’où profondément ancrées. On sait le prix
que l’on attache outre-Atlantique au potentiel d’innovation
des jeunes, voire même de très jeunes, en matière
d’applications informatiques : les membres des nouvelles générations
qui se sont imprégnés de ces moyens d’expression
et de traitement dès le plus jeune âge ne sont pas prisonniers,
comme leurs aînés, de comportements culturels inhibants.

A côté de ces « travailleurs
du savoir », professionnels de haute technicité, on
sait aussi que tous ces métiers induiront très bientôt
un besoin impératif de maîtrise des techniques d’information.
On considère qu’actuellement en France le taux de postes
de travail ayant recours à l’informatique est compris entre
40 % et 50 %, et que ce taux passera à près de 60 % d’ici
à l’an 2000 et à plus de 85 % en 2005. C’est
dire si la formation à la maîtrise de ces nouveaux outils
est importante pour ceux qui sont aujourd’hui sur les bancs de
l’école et qui devront œuvrer dans le monde du travail
jusque vers les années 2 040 !

On objectera, bien sûr, que les
ordinateurs, ou plus généralement les machines qu’ils
auront à manipuler d’ici cinq ans (et à plus forte
raison plus tard), n’auront pas grand-chose à voir avec
celles dont nous disposons aujourd’hui et que l’apprentissage
d’outils aussi versatiles n’est que de peu d’intérêt.
C’est bien entendu une évidence si on se limite à
la maîtrise d’un instrument ou d’un logiciel donné
; en revanche, les concepts et principes qui seront appliqués
dans les outils de demain sont sans doute pour la majeure partie déjà
créés et implantés dans nos machines, fût-ce
à un niveau élémentaire ; l’élaboration
de représentations conceptuelles des outils d’information
sera valide à beaucoup plus long terme. C’est sans doute
là l’objectif principal à poursuivre.




 
     

Éducation
du citoyen




Mission fondamentale de l’école,
sans doute mission fondatrice même de l’école républicaine,
l’éducation du citoyen mérite attention, surtout
à l’heure où l’on ne cesse d’annoncer l’avènement
de la société de l’information.

Aujourd’hui, la télévision
connaît une évolution majeure : les six chaînes hertziennes
que nous connaissions sont peu à peu intégrées
dans les bouquets de plusieurs dizaines de chaînes proposés
par les satellites et les réseaux câblés. La compression
numérique va décupler l’offre télévisuelle
et substituer au régime de pénurie d’antan un régime
d’abondance, dans lequel les canaux de communication seront exploités
au coût marginal.

Demain sans doute – c’est déjà
le cas sur le continent américain –, ce ne sont plus six
ou même trente chaînes qui seront disponibles, mais plusieurs
centaines. Dès à présent, les offres utilisant
le câble et les satellites représentent, en France, plus
de cent chaînes (les conditions de tarification et les choix des
opérateurs limitent le choix effectif de chaque usager à
une trentaine).

Pourquoi est-ce si important ? Nos comportements
télévisuels, qui sont un des points d’appui essentiels
pour le fonctionnement de notre société, sont largement
fondés sur la connaissance subjective que nous avons de chaque
chaîne, ce qui pourrait en quelque sorte se définir par
son concept et sa ligne éditoriale : on fait confiance à
une information donnée par France Télévision parce
que ses chaînes sont de vieilles compagnes ; on sait, par exemple,
que Canal Plus, La Six et le duo Arte-Cinquième n’ont pas
les mêmes contenus ni, surtout, les mêmes manières
de les traiter, et la nature de l’information reçue est
passée au filtre d’une analyse inconsciente et néanmoins
efficace.

Cependant, si on envisage à présent
un univers télévisuel comportant plusieurs centaines de
chaînes, c’est l’idée même de chaîne
qui s’estompe. On le devine déjà bien pour la radio,
lorsque l’on se déplace au cours d’un voyage : en l’absence
d’une « grille de lecture » il est quelquefois
malaisé d’interpréter telle ou telle information.
Ceux qui disposent du câble ou d’une antenne satellite savent
bien que la relation des mêmes événements par Euronews,
LCI ou CNN peuvent donner lieu non seulement à des analyses divergentes
mais aussi à des descriptions factuelles largement différentes.

Avec plusieurs centaines de sources possibles,
il n’est plus possible de se fier à une chaîne ou
à un présentateur, ou plutôt à la connaissance
intuitive que l’on a de son propos. Le développement d’un
regard critique plus acéré est alors indispensable à
l’exercice de la démocratie.

À l’instar de la multiplication
des chaînes, l’arrivée annoncée de la télévision
interactive devrait aussi conduire à des comportements nouveaux.
Il ne sera plus suffisant de se mettre en position de récepteur,
il faudra aller chercher l’information que l’on souhaite,
élaborer ses propres représentations en s’appuyant
sur plusieurs sources.

Déjà, cette évolution
se dessine avec la pratique d’Internet : l’information n’est
plus forcément acheminée vers son utilisateur, c’est
à lui d’aller la rechercher et, éventuellement, de
la compléter et de la croiser avec d’autres sources et des
informations complémentaires. De nouvelles formes d’abonnement
se font jour, liées à des thèmes ou des sujets
précis. Ce n’est plus ici quelques centaines de sources
qui sont disponibles mais, potentiellement, plusieurs millions, voire
dizaines de millions.

À une très grande diversité
correspondant une grande richesse, ce n’est pas pour autant que
la fiabilité des informations disponibles est assurée.
Ce qui place l’exercice des responsabilités de citoyen dans
un contexte nouveau. D’une part, il appartient à chacun
de se forger son propre point de vue dans une diversité médiatique
encore inégalée, ce qui suppose de développer les
conditions d’un usage critique et réfléchi des médias.
D’autre part, la notion de citoyenneté même se trouve
modifiée, puisque le média s’affranchit des frontières
géographiques et politiques et permet enfin de donner un sens
à la notion de citoyen du monde.

À l’opposé, les réseaux
interactifs tels qu’Internet facilitent l’accession immédiate
et directe à la source même de l’information, et donc
évitent un ensemble de filtres plus ou moins déformants.
Lors de l’annonce du plan d’action gouvernemental « Préparer
l’entrée de la France dans la société de l’inform@tion »,
le 16 janvier, ceux qui étaient connectés
à Internet ont pu en obtenir sur le champ le texte intégral,
alors que les autres devaient, en attendant la parution au Journal officiel,
se contenter des analyses des journalistes.

La multiplication extraordinaire des
sources d’information disponibles, associée à une
logique nouvelle de services interactifs, supposant de nouveaux savoir-faire
mais aussi de nouveaux réflexes, constitue le nouvel environnement
informationnel que le citoyen de demain devra maîtriser. Hubert
Beuve-Méry disait : « Un citoyen responsable est un
citoyen informé. » Une des priorités de l’école
républicaine est de lui donner le moyen d’exercer cette
responsabilité.




 
     

Usages
pédagogiques




On accède facilement et rapidement à
une information diversifiée et multiforme (texte, image, audiovisuel)
grâce aux outils modernes d’information. Ils permettent aussi
l’incitation à des activités créatrices, ils
facilitent les échanges nécessaires aux travaux de groupes
et à la réalisation de projets, alors même que les
conditions d’unité de temps et de lieu ne sont pas toujours
remplies. Par ailleurs, le rôle qu’ils peuvent jouer pour
lutter contre l’échec scolaire et aider les élèves
en difficulté est à présent reconnu et largement
décrit
(1).



Au sein des pratiques disciplinaires


Assurer ce qui est déjà demandé
dans les programmes



Avant de chercher à développer
des projets novateurs, il faut s’assurer que les usages prescrits
ou fortement conseillés par les programmes et instructions en
vigueur sont effectivement assurés. A défaut, il faut,
dans une première phase, s’interroger sur les conditions
à réunir pour répondre à ces prescriptions.
Nonobstant les raisons objectives maintes fois évoquées
(manque de matériel, de logiciels, de formation, etc.), d’autres
raisons, plus subjectives mais aussi plus complexes, se révèlent
aussi importantes : l’introduction d’une machine entre un
professeur et ses élèves modifie profondément la
relation pédagogique, voire quelquefois la discipline même,
et il n’est jamais facile de remettre en cause une pratique qui
a prouvé son efficacité.

Dans les lycées, l’option
informatique sert à affirmer un pôle de compétences
et à instaurer de nouveaux usages. La formation d’enseignants
pour assurer cet enseignement amène de nouvelles compétences,
disponibles au sein de l’établissement, et à l’occasion
de projets dont la réalisation est prévue pour l’épreuve
du baccalauréat, des usages interdisciplinaires se mettent en
place. Il convient toutefois de définir avec précision
les objectifs d’ouverture de cet enseignement et de veiller à
ce que les conditions matérielles soient réunies pour
son bon déroulement, en sorte que les objectifs fixés
soient atteints.



Encourager l’utilisation d’usages
décrits et validés



Pour aller au-delà de ce qui est prescrit
et recommandé explicitement, il faut sans doute s’informer
sur les usages décrits par la presse et les ouvrages spécialisés,
et en particulier dans la presse pédagogique, les bulletins des
associations de spécialistes et des associations telles que l’EPI,
les publications issues de la recherche ou encore les multiples usages
décrits sur les serveurs académiques ou sur les sites
Internet du monde entier traitant d’éducation
(2).

La simple transposition ne peut aller
de soi, et il faut bien sûr s’interroger sur les objectifs
pédagogiques et la situation de l’établissement,
avant de se lancer dans la réalisation d’un projet autonome.
L’ensemble de cette production représente cependant un gisement
extrêmement riche pour amorcer l’introduction de nouveaux
usages au sein de chaque établissement.



Engager une réflexion sur les nouveaux
usages envisageables et les conséquences sur les savoirs



Les moyens actuels d’expression et d’accès
à l’information modifiant profondément les conditions
de l’accès au savoir, une dynamique constante d’évolution
des pratiques pédagogiques doit être engagée dans
ce domaine. Les possibilités nouvelles offertes par l’informatique
et les réseaux contribuent à initier de nouvelles pratiques,
fondées sur les disciplines elles-mêmes, notamment scientifiques.

L’intervention de spécialistes
universitaires peut, tout particulièrement sur cet aspect, donner
une dimension nouvelle indispensable à l’apport de moyens
modernes d’information par les nouveaux usages en matière
d’éducation.



Dans la vie de l’élève
et de l’établissement


Encourager les projets utilisant les médias
électroniques



Si l’éducation et les médias
jouissent de liens privilégiés dus à leur rapport
respectif au savoir, le développement de projets ayant recours
aux techniques d’information concourt à développer
la maîtrise de ces outils. La désormais classique démarche
qui consiste à utiliser, analyser, puis produire pour revenir
enfin vers une utilisation enrichie et réfléchie prend
tout son sens dans le cadre du développement de nouveaux médias,
plus faciles à mettre en œuvre.

En outre, le multimédia concourt
à redonner une place prépondérante à l’écrit,
notamment au travers de l’hypertexte, et incite à développer
des activités nouvelles en relation avec des formes plus traditionnelles
de l’expression.



Permettre le développement de projets
sans unité de temps et de lieu



L’usage d’un réseau interne
permet à chacun de retrouver son environnement de travail, et
en particulier ses travaux personnels, en des lieux et temps différents.
Du coup, le temps scolaire est pensé autrement et l’on positionne
des activités de travail personnel dans d’autres formes
que l’écrit traditionnel. Au-delà, concernant les
activités et projets de groupe, le réseau développe
des formes de travail collaboratif entre individus ne se trouvant ni
au même endroit, ni au même moment.



Encourager les modes personnels d’accès
au savoir et à la connaissance



Les serveurs Intranet d’établissement,
l’usage du CD-Rom, le raccordement à Internet donnent à
chacun les moyens de se créer un accès au savoir grâce,
entre autres, à l’attrait ludique des nouveaux outils. Travail
en autonomie, recherches personnelles, voire activités de documentation
en vue de productions prennent ici une dimension nouvelle qui préfigure
ce qui devra demain être la règle pour de nombreux travailleurs
et citoyens.



Éviter que les techniques d’information
ne contribuent à accentuer les écarts sociaux



Les usages des technologies de l’information
dans la société se développent à présent
principalement à partir de la commercialisation de micro-ordinateurs,
de CD-Rom et de services de connexion auprès du grand public,
notamment dans la grande distribution.

Malgré une tendance à la
baisse des prix, les matériels restent coûteux. Les campagnes
de promotion exceptionnelle qui se sont déroulées à
la dernière rentrée scolaire dans plusieurs chaînes
d’hypermarchés (l’ordinateur à moins de 5 000
F) ont été suivies d’une remontée des prix,
due notamment à l’arrivée d’une nouvelle génération
de matériels.

De plus, même à bas prix,
le coût de l’ordinateur familial reste très élevé
: sa durée de vie ne dépasse pas quatre à cinq
ans (au maximum), soit environ le tiers de celle des appareils électroniques
domestiques.

Dans ce contexte, il est de la responsabilité
de l’école d’offrir l’accès à ces
nouveaux outils à tous les élèves, à toutes
les classes sociales, afin d’éviter de creuser l’écart
entre ce que l’on appelle déjà les « inforiches »
et les « infopauvres ».

La maîtrise des outils d’information
ne se bâtit pas uniquement par l’apprentissage d’outils,
mais par une intégration conceptuelle, dès le plus jeune
âge, des principes fonctionnels correspondants. L’accès
aux ordinateurs et aux réseaux ne doit pas être réservé
aux classes d’excellence ou aux disciplines scientifiques, mais,
le plus vite possible, toucher tous les domaines de l’enseignement.



Développer les projets ayant trait
à la culture artistique et scientifique



Les techniques d’information renouvellent
aussi les approches en matière de culture artistique et scientifique.
Nouvelles formes d’expression et de création, nouveaux secteurs
d’investigation, les moyens modernes d’information induisent
de nouveaux rapports à l’art et à la science, et
en particulier une participation plus étroite à la construction
d’une culture commune adaptée aux évolutions que
connaît la société.



Développer les pratiques de communication



Les techniques de communication, au premier
plan desquelles Internet, permettent de nouveaux modes de communication
qui s’affranchissent de la distance, du temps et même, dans
une large mesure, des coûts. Le développement et l’exploitation
pédagogique de situations de communications réelles permettent
d’accéder à une relation pédagogique s’appuyant
sur des situations réelles, portées par un sens non fictif.
Leur caractère motivant permet de développer des apprentissages
nouveaux, non seulement dans le domaine le plus traditionnel des langues,
mais aussi sur des aspects liés à la citoyenneté,
à la relation avec des personnalités, à la reconnaissance
des cultures et des différences, etc.



Pour les enseignants


S’approprier des outils en développant
la bureautique professorale



La déjà longue histoire des technologies
éducatives est jalonnée de multitudes d’énoncés
de freins et de bonnes raisons de ne pas s’investir, de ne pas
réussir. Même s’il est tout à fait clair que
le fait de lever tous les freins ne suffira pas à faire avancer
le véhicule, le développement d’une maîtrise
personnelle pour les enseignants constitue sans doute une étape
nécessaire, même si elle n’est pas suffisante. Le
recours à l’informatique pour toutes les tâches répétitives
et fastidieuses que doivent assurer les enseignants sera pour eux autant
d’occasions de se pénétrer des possibilités
et des avantages de l’outil et de développer une maîtrise
personnelle. La bureautique professorale permet de préparer des
documents pédagogiques de qualité largement améliorée,
sans tomber sous le coup de la loi en matière de violation de
la propriété intellectuelle, comme c’est trop souvent
le cas avec la photocopie. La gestion pédagogique informatisée,
et notamment les notes et les absences, a permis dans de nombreux établissements
de gagner en efficacité et de mettre dans les mains de tous et
dans les idées du plus grand nombre l’ordinateur en tant
qu’outil évident d’une pratique professionnelle.

Le passage de la sphère bureautique
à la sphère pédagogique doit être facilité
par la disponibilité d’équipements adaptés.
On sait à présent que la simple maîtrise des outils
ne peut suffire à le réaliser. L’activité
de groupes de réflexion pédagogiques, la diffusion de
nouvelles pratiques et une formation des enseignants mettant l’accent
sur les nouvelles possibilités offertes permettent de favoriser
cette évolution. Il est également nécessaire de
prévoir des dispositifs d’accompagnement pédagogique
permanent au service des enseignants, afin de les aider dans le développement
de nouvelles pratiques.



Développer une reconnaissance interne
des personnels ayant une pratique innovante.



Si les pratiques pédagogiques innovantes
doivent être favorisées, elles doivent aussi trouver une
reconnaissance au plan institutionnel, tant au travers de publications
et diffusion des pratiques qu’auprès des corps d’inspection
eux-mêmes dans l’exercice de leur mission.

Les projets présentant un intérêt
particulier doivent pourvoir être soutenus par des moyens humains
ou des attributions spécifiques de crédits de fonctionnement
ou d’investissement. Les opérateurs de l’action pédagogique,
comme par exemple la Délégation académique aux
relations internationales et à la coopération (DARIC)
et l’action culturelle (MAAC) doivent orienter leur action en ce
sens. Les opérateurs de formation doivent également se
mettre au service du développement de ces pratiques.



Favoriser les activités entre établissements,
la mutualisation des travaux et l’utilisation de ressources externes.



Les possibilités actuelles des réseaux
interétablissements permettent de développer les activités
impliquant plusieurs établissements, tout particulièrement
dans les zones rurales et de montagne qui présentent des situations
d’isolement et d’éloignement par rapport aux ressources.

La mutualisation des travaux, notamment
pour ce qui concerne l’élaboration de dossiers ou de documents
pédagogiques ou le développement de nouvelles pratiques,
évite la multiplication et la répétition d’activités
de recherche, de dépouillement d’information et de veille
sur les pratiques pédagogiques, et libère du temps pour
les activités pédagogiques proprement dites.

L’utilisation des ressources externes,
qu’elles soient issues de produits commerciaux, de recherches personnelles
ou de dossiers et informations proposés en ligne, notamment sur
les serveurs académiques, procède de la même logique
de renouvellement des activités, tout en conservant l’essentiel
du temps et de l’effort pour l’activité devant élèves.


C’est bien la logique de mise en
réseau des compétences et de la capacité d’innovation
qui ouvre les voies de nouveaux développements des pratiques.



S’engager dans une démarche d’accompagnement
pédagogique permanent des équipes par des personnes externes
ayant une compétence et/ou une pratique intéressante.



La logique actuelle n’est plus au développement
d’une offre de ressources au sein de laquelle la profession sélectionne
ses propres sources. La diversification de l’offre, corrélative
au développement de nouveaux médias, crée un contexte
nouveau qui ne se place plus dans une logique de pénurie mais
d’excès. Le besoin n’est plus celui du développement
de ressources et d’informations supplémentaires, mais bien
davantage d’une aide à une exploitation efficace de ce qui
existe.

Le développement de services d’accompagnement
pédagogique permanent des projets des établissements,
fondés sur le principe d’une négociation à
partir du projet lui-même, peut permettre de démultiplier
l’impact des pratiques développées et d’éviter
la déperdition d’énergie que cause la répétition
à l’infini des mêmes expériences et des mêmes
erreurs.

Capitaliser l’expérience
et la mettre à disposition des équipes et de leurs projets,
en les dégageant des aspects sans implication éducative
directe, et sans pour autant les priver de la maîtrise des outils
pédagogiques, tel pourrait être l’objectif de ces
services.




 
     

Conditions
d’exploitation




La presse s’est largement fait l’écho
des dangers qu’il peut y avoir à utiliser Internet dans
un contexte pédagogique : les informations disponibles sont de
toutes natures et peuvent notamment porter atteinte aux bonnes mœurs
et aux valeurs démocratiques.

Si un tel risque existe, il convient
toutefois de ne pas le majorer, Internet n’abritant vraisemblablement
pas, proportionnellement, plus de pratiques déviantes que les
autres médias. La différence essentielle réside
ici dans le fait que le média n’est pas à l’extérieur
de l’établissement mais à l’intérieur,
et qu’il est introduit dans l’univers éducatif sur
une initiative institutionnelle.

Si on se réfère aux objectifs
fixés pour la mise en réseau, la recherche des conditions
d’un usage critique et réfléchi des médias
serait contradictoire avec une démarche qui consisterait à
limiter l’accès à des informations validées
et autorisées. Cet objectif doit cependant aussi être confronté
à la responsabilité de l’institution vis-à-vis
de ses élèves et des familles.

La seule logique admissible est ici le
plein exercice des responsabilités pédagogiques assumées
par les enseignants. Pour une activité dans le cadre de la classe,
l’enseignant est pleinement responsable des activités de
ses élèves. Aucune source d’information ne peut être
déclarée bonne ou mauvaise a priori ; c’est l’exploitation
pédagogique qui en est faite qui constitue l’essentiel.

Si la pratique pédagogique se
doit évidemment de respecter les bonnes mœurs et les valeurs
démocratiques, la confrontation avec des documents ou informations
qui y contreviennent (par exemple racistes ou pédophiles), dans
le cadre de stratégies pédagogiques adaptées, est
bien à même d’armer les jeunes contre le prosélytisme.

Au-delà, pour des utilisations
généralisées, voire la mise en place d’activités
en libre-service, c’est la responsabilité de la communauté
éducative et de l’établissement qui est engagée.
Cette responsabilité peut être assumée au travers
de diverses mesures, notamment par la mise en œuvre de fonctions
d’historique permettant un contrôle a posteriori.

Cette fonction de suivi des transactions
(journalisation) est assurée par un logiciel qui assure la passerelle
entre le réseau local et Internet, elle est assurée par
le Proxy serveur pour les réseaux Windows NT.

L’utilisation de « listes
noires » de sites dont on souhaite interdire l’accès
est une possibilité souvent évoquée, mais qui ne
résiste guère à l’analyse : réalisées
manuellement, ces listes ne peuvent prétendre approcher, même
de très loin, l’exhaustivité. On peut d’ailleurs
s’interroger sur la nature de cette gigantesque tâche, qui
suppose de consulter par le menu les sites « suspects »…
Procédant d’un traitement automatique (filtrage sur les
titres, voire sur les mots des textes), elles n’ont pas toute la
précision nécessaire. Les gestionnaires de sites « douteux »
sont en effet passés maîtres dans l’art de déjouer
ces robots de recherche, qui déploient par ailleurs quelquefois
un zèle un peu excessif : l’analyse des mots n’est
pas une analyse sémantique et la notion de « convenable »
est très variable selon les sociétés,
et en particulier entre la France et les États-Unis.

Les « listes blanches »
(listes de sites autorisées) ne sont guère plus utilisables
pour les mêmes raisons. En outre, elles conduisent de fait à
ne pas offrir un accès à Internet et ne répondent
par conséquent sans doute pas aux objectifs posés. S’il
s’agit de préparer une séquence pédagogique
utilisant quelques sites bien déterminés, il est bien
préférable de la préparer en chargeant sur le réseau
local les informations sélectionnées., ce qui évite
les retards de chargement, voire les interruptions de réseau
(cela arrive !).

Ce chargement préalable de ressources
d’Internet peut se faire au moyen de logiciels dits « aspirateurs ».
Un fonctionnement largement plus efficace sera là
encore obtenu avec un serveur Proxy, qui permet de conserver les sites
visités pour une consultation ultérieure (fonction « Proxy
cache »). La simple consultation des sites par un enseignant
permet de les conserver en mémoire. Il est dès lors possible
de refaire le même chemin sans accéder physiquement à
Internet.

On notera à ce propos que l’application
du Code de la propriété intellectuelle (CPI) pose un certain
nombre de difficultés : la copie utilisée en classe n’étant
pas strictement limitée à l’usage du copiste n’est
en principe pas autorisée, et les différences de conception
entre les protections des droits diffèrent considérablement
d’un pays à l’autre. On considère généralement
dans le « monde Internet » que l’installation
d’un « serveur miroir », qui recopie périodiquement
un site, ne peut se faire sans autorisation expresse du gestionnaire
du site, alors que le serveur Proxy est implicitement autorisé.
Cette habitude n’est cependant pas conforme aux principes du Copyright,
pour les pages qui y sont soumises…




 
     

Quelques
priorités


Zones d’éducation prioritaires,
établissements difficiles



Dans le cadre des priorités affichées
par le ministère, l’année 1998 verra un effort particulier
concentré sur les ZEP et les établissements difficiles.


Les axes privilégiés sont, d’une
part, le renouvellement des pratiques pédagogiques dans un contexte
où le modèle traditionnel atteint ses limites, et, d’autre
part, le développement de pratiques d’échanges entre
enseignants et établissements.



Nouvelles pratiques pédagogiques



Les axes définis plus haut, relatif
notamment aux pratiques disciplinaires elles-mêmes mais aussi
aux usages des techniques d’information dans l’ensemble des
actions transversales qui construisent la vie de l’élève
et des établissements, trouvent une déclinaison naturelle
dans les établissements et zones difficiles.

L’expérience montre qu’il
s’agit d’un terrain particulièrement ouvert aux innovations
et s’attachant prioritairement à mettre les outils au service
de la résolution des problèmes rencontrés.



Échanges entre enseignants et établissements



Le développement des échanges
entre enseignants et établissements, le travail collaboratif
contribuent à la mise en réseau des compétences
et des initiatives. Une telle évolution est susceptible de renforcer
les relations entre équipes d’une même zone, entre
écoles et collèges par exemple.

Cette évolution s’inscrit
aussi dans la logique de substitution de la notion de zone d’éducation
prioritaire par celle de réseau. Les échanges électroniques
permettent en effet, en s’affranchissant des distances, de substituer
à la notion de proximité géographique celle de
proximité d’intérêt.

Dans un premier temps, il s’agit
d’assurer l’accès au réseau de l’ensemble
des responsables et animateurs ZEP, puis de l’ensemble des écoles
et établissements concernés.



Accompagnement des équipes pédagogiques



Le réseau offre de multiples possibilités
d’accompagnement des équipes.

Il s’agit en particulier de renforcer
par diverses initiatives le développement de l’usage professionnel
des techniques d’information, notamment en favorisant le développement
de liens directs entre personnes, en créant sur les serveurs
académiques des forums de discussion et d’échanges
entre les professionnels et en proposant la mise en ligne systématique
des travaux accomplis par les classes et les établissements.

Les services en ligne académiques
facilitent l’accès aux ressources, en mettant en place des
services spécifiques d’accès à des documents
et informations liés à l’exercice de la pédagogie
dans les établissements et zones difficiles. Ils doivent aussi
s’inscrire dans une logique de diffusion des « bonnes
pratiques », par une politique d’identification et
de valorisation des actions réussies.



Zones rurales et de montagne



Les zones rurales et de montagne connaissent
une situation spécifique ; les écoles et établissements
y vivent une situation d’isolement, encore renforcée par
leur taille réduite. Les départements alpins présentent
une très forte proportion d’écoles à classe
unique, disposant souvent de peu de ressources et pour lesquelles l’ouverture
sur les réseaux d’information constitue une opportunité
unique.

Les enseignants et les établissements
se trouvent, surtout en montagne, dans une situation de pénurie,
alors que les enseignants et les élèves des zones urbaines
ont accès à un tissu dense de bibliothèques, centres
de documentation et librairies. La préfecture du département
regroupe souvent l’essentiel des ressources.

En revanche, les zones de montagne disposent
de moyens spécifiques pour tenir compte de cette difficulté.
Les équipes mobiles académiques d’animation et de
liaison (EMALA) assurent une liaison permanente, au moins avec les écoles,
et permettent d’accéder aux ressources dont dispose notamment
le CDDP, au travers d’une procédure de réservation.
À l’heure de la nécessité d’introduire
de nouveaux outils, de développer de nouvelles pratiques, leur
capacité d’accompagnement au plus près des enseignants
constitue un atout.

L’usage des techniques d’information
dans ces zones revêt un caractère spécifique. Les
ordinateurs permettent une individualisation du travail dans les classes
à plusieurs niveaux, et particulièrement dans les écoles
à classe unique. La mise en réseau assure un lien plus
permanent avec les autres établissements, les corps d’inspection
et les opérateurs de l’action pédagogique. La visioconférence
conduit à développer de nouveaux modes pédagogiques
et permet l’intervention à distance de compétences
spécifiques ou un enseignement non disponible sur place ; elle
autorise la mise en place d’un accompagnement pédagogique
permanent (assistance à l’exploitation des outils, aide
au développement des projets, possibilités de formations
à distance des enseignants, etc.).

Au-delà des seules compétences
de l’école, la disponibilité d’équipements
d’information et de communication dans des communes de taille réduite
connaissant une situation d’isolement constitue une opportunité
pour développer de nouveaux usages, dans le cadre d’activités
culturelles ou de formation ou bien dans le domaine de la liaison avec
les services administratifs.



Développement des usages d’Internet
et des services en ligne



Le développement rapide des usages des
réseaux, et en particulier d’Internet, démontre l’importance
que va revêtir ce nouveau média dans la société
du XXIe siècle. Au-delà de la mise en réseau des
machines et des ressources, il permet, par son caractère entièrement
bidirectionnel, la mise en réseau des hommes, et même des
intelligences, selon le mot célèbre d’un de ses initiateurs.

Si Internet ne constitue pas une fin
en soi, il est en revanche en passe de devenir un instrument privilégié
d’accès à la connaissance et, pour chacun de ses
utilisateurs, d’élaboration de ses propres connaissances.

Sa souplesse d’utilisation et sa
facilité de mise en œuvre en couragent les pratiques de
mutualisation des usages et de réalisation de contenus pédagogiques
multimédias. Les services en ligne constituent, de ce point de
vue, un moyen de développer les compétences et les savoir-faire
qui pourront être utilement transposés sur le terrain éditorial,
et donc contribuer au développement d’une industrie des
contenus.

Des actions conduites auprès des
établissements doivent inciter au développement d’initiatives
en ce sens.L’intervention de tous les opérateurs académiques
de l’action pédagogique doit favoriser le développement
de projets utilisant Internet et les services en ligne. Il convient
que les projets utilisant les services en ligne bénéficient
d’un soutien particulier.

Une politique renforcée d’information
doit être mise en place, assortie de présentations des
possibilités du média, tout particulièrement en
direction des personnels d’encadrement et de direction.

La formation initiale et continue des
enseignants doit également mettre l’accent sur ces aspects,
en apportant une réponse rapide et adaptée à toute
demande des établissements. Il est essentiel que cette réponse
soit articulée avec les stratégies académiques,
notamment en termes de réseau, mais aussi que l’action de
formation soit une étape qui assure une transition en douceur
vers un accompagnement pédagogique qui s’inscrit dans la
durée.



Faciliter l’accès aux
techniques d’information



D’une manière générale,
c’est bien la présence et l’incitation permanente au
sein même des établissements qui engageront une évolution
globale des pratiques pédagogiques.

En la matière, toute politique
d’incitation forte qui ne serait pas soutenue par l’acquisition
d’une maîtrise personnelle de l’outil et d’une
connivence avec l’ordinateur ne pourrait qu’avoir des effets
réduits.

La disponibilité de matériels
dans la salle des professeurs et dans les salles de travail utilisées
par les enseignants, soutenue par des actions d’information et
de sensibilisation, généralisera les pratiques personnelles
qui restent, pour l’heure, le fait de ceux qui disposent d’un
ordinateur à domicile. L’utilisation de ces matériels
pour des fonctions de gestion pédagogique ainsi que pour des
actions de concertation (forums, par exemple) fera apparaître
un premier niveau d’usage, avant d’envisager des extensions
futures. Si l’on souhaite développer ainsi les activités
de préparation de séquences pédagogiques et de
travail personnel, il conviendra que l’utilisateur accède
à partir de ces postes à l’ensemble des outils logiciels
disponibles dans l’établissement, et que l’enseignant
retrouve dans sa classe le travail qu’il a accompli. Il est donc
essentiel que ces machines soient connectées en réseau.

Pour les élèves, alors
même que les matériels disponibles et l’état
des pratiques ne permettent pas d’envisager à ce jour un
usage généralisé dans les disciplines, l’accès
aisé dans les lieux permettant des utilisations diverses doit
être facilité. Il s’agit bien sûr du CDI, lieu
privilégié d’accès à des ressources
de formes variées,

Dernière mise à jour de cette page le 03/07/2007

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