TICE : quel projet pour mon établissement ?

 

 

TICE : quel projet pour mon établissement ? :

 

 

Une approche éducative globale

Il ne s’agit donc plus seulement de développer les usages dans telle ou telle discipline, mais bien de rechercher une intégration généralisée, non seulement en liaison avec les contenus disciplinaires, mais surtout transversale. Il faut viser à une assimilation quasi culturelle des principes de fonctionnement des systèmes et des concepts liés à leurs usages, avec un objectif éducatif générique : donner les moyens aux futurs adultes d’exercer pleinement leurs responsabilités professionnelles et de citoyen, dans la société de demain, que l’on nous annonce mondiale et fondée sur l’information.
Une telle évolution ne peut se construire qu’au sein de la communauté éducative dans son ensemble. Le projet d’établissement constitue donc le cadre naturel dans lequel doit s’inscrire l’action.
Evidence ? Certes. Pourtant, sur le terrain, les choses ne sont pas toujours aussi simples. Informatique, audiovisuel, et aujourd‘hui multimédia et Internet restaient le fait d’un cercle réduit, associant les enseignements directement concernés (technologie en collège, STI, STT, option informatique, etc.), et quelques passionnés œuvrant à une intégration dans leur domaine d’activité. La création d’une dynamique transversale relève d’une toute autre logique, et nombre de chefs d’établissement ne s’y sont pas trompés lorsqu’ils désignent un enseignant comme interlocuteur TICE hors de ce cercle.
Il s’agit bien ici de réunir toutes les bonnes volontés, de capitaliser et de mutualiser les expériences, les savoir-faire, les bonnes volontés et les idées nouvelles, autour d’un projet pédagogique qui se doit d’être mobilisateur.

Formation, maintenance, mais aussi accompagnement

Afin de permettre un développement harmonieux des usages, il est nécessaire de lever les freins qui peuvent exister, mais aussi de donner l’impulsion, le coup d’accélérateur qui permettra de lancer le mouvement.
L’importance et la nécessité de la formation sont régulièrement mises en avant, tant par les enseignants eux-mêmes que par les textes définissant les axes du Plan gouvernemental. Là encore, on sera tenté de dire qu’il s’agit d’une évidence. Et pourtant… Comment ne pas constater que les considérables efforts de formation accomplis par les MAFPEN n’ont pas permis de généraliser les compétences nécessaires aujourd’hui ? Une formation fondée sur le volontariat, souvent régulée par les formateurs eux-mêmes, a permis d’apporter beaucoup à un cercle réduit, celui-là même qui était évoqué plus haut. Mais comment toucher le plus grand nombre ?
A l’heure où les IUFM prennent en charge la formation continue, il convient de s’interroger sur les modalités qui permettront d’atteindre cette échelle nouvelle. Il est indispensable que chaque établissement fasse un bilan des compétences disponibles et établisse un plan de formation collectif, pluriannuel, qui permettra la mise en œuvre du projet. L’établissement sera ainsi renforcé dans sa fonction de lieu de cohérence de l’action éducative, et il sera ainsi plus à même de conduire une négociation avec l’opérateur de formation.
La maintenance constitue également une difficulté rappelée par l’ensemble des acteurs. Encore faut-il sans doute préciser davantage ce que l’on entend par ce terme : on a pris l’habitude, dans l’Education nationale, de désigner ainsi aussi bien la réparation des machines, les installations logicielles, la supervision du réseau ou… la construction d’ordinateurs nouveaux à partir de pièces détachées ! Là encore, le passage d’une approche de type artisanal à une généralisation impose d’élaborer de nouvelles approches, concentrant l’activité des enseignants sur les tâches éducatives et pédagogiques.
Si les schémas antérieurs ont fondé le fonctionnement essentiellement sur les deux appuis formation et maintenance, il apparaît que cette situation n’est pas en phase avec les modalités de pilotage de projets existant dans d’autres secteurs, tant publics que privés. Les fonctions d’aide, de conseil, d’assistance et de maîtrise d’ouvrage y sont essentielles. Il convient donc sans doute de mettre en place des structures d’accompagnement permanent des projets pédagogiques des établissements, permettant aux équipes pédagogiques de disposer des compétences indispensables pour le développement de leur projet. La création d’une dynamique nationale et académique, le maintien de la cohérence des projets des établissements dans leur diversité, ne peut se concevoir sans cet aspect essentiel.
Aide au développement du projet, accompagnement dans sa mise en œuvre, apports d’informations et de compétences indispensables à un pilotage éclairé dans chaque établissement constituent des éléments essentiels, qui permettront aux fonctions de formation et de maintenance de s’exercer dans un contexte favorable.

Quel projet pour mon établissement ?

L’ouvrage « TICE – Quel projet pour mon établissement » (1) se place directement dans le cadre de cette réflexion. Il est issu des nombreux débats qui ont pu avoir lieu aux niveaux national et académique, et en particulier dans le cadre du Groupe Académique de Coordination de l’Action Pédagogique (GACAP) de l’Académie d’Aix-Marseille et du groupe de suivi du Plan d’action académique (volet « Nouvelles technologies et pédagogie ») de cette même académie.
Les divers éléments proposés à la réflexion ont été polis au cours des nombreuses réunions avec des chefs d’établissement et les enseignants désignés comme « Interlocuteurs technologies de l’information » dans chaque collège, chaque lycée. Rassemblant diverses questions qui doivent se poser pour construire le projet de chaque établissement (objectifs, pistes pédagogiques, formation, maintenance, parc, réseau, Internet, etc.), proposant quelquefois des réponses, mais le plus souvent une manière d’éclairer la réflexion, cet ouvrage a pour seul objectif de favoriser le développement d’une réflexion qui doit conduire à l’élaboration d’un projet pédagogique cohérent.
Comme le souligne le Recteur Treuil dans sa préface, « cet ouvrage ne peut donc constituer qu’un guide de développement d’un projet ; il se veut avant tout une aide destinée à lancer la réflexion au sein de chaque établissement ».

Gérard PUIMATTO
Académie d’Aix-Marseille


Une approche pédagogique globale


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