L'expérience Scolaire

L'expérience Scolaire

Introduction

- Sans rien ignorer de ses fonctions de reproduction sociale, il nous faut la concevoir comme un appareil de production. L’école ne produit pas seulement des qualifications et des niveaux plus ou moins certifiés de compétences, elle produit aussi des individus ayant un certain nombre d’attitudes et de dispositions.
Dans la mesure où elle possède cette capacité, l’école a aussi le pouvoir de détruire les sujets, de les plier à des catégories de jugement qui les invalident ; du point de vue des élèves, l’éducation peut avoir du sens, mais elle peut aussi en être privée.

- Longtemps, on a pensé que l’école était une institution transmettant, par le biais des connaissances et par la forme même de la relation pédagogique, les normes et les valeurs générales d’une société. Cette croyance, que l’on peut aujourd’hui considérer comme naïve, mais qui règne encore bien des esprits, identifiait la socialisation, la formation des acteurs sociaux, et la subjectivation, la formation des sujets autonomes. L’éducation devait assurer simultanément l’intégration de la société et la promotion de l’individu.

- Non seulement l’école n’a pas atteint les objectifs égalitaires qu’elle a pu se proposer, mais elle ne fonctionne plus comme une institution. On envoie moins nos enfants à l’école pour qu’ils y soient éduqués que pour qu’ils y acquièrent des certifications utiles à leurs carrières. L’emprise de l’école sur la société est aujourd’hui telle que les objectifs éducatifs passent au 2nd plan. Les acteurs se socialisent à travers ces divers apprentissages et se constituent comme des sujets dans leur capacité de maîtriser leur expérience, de devenir pour une part, les auteurs de leur éducation. En ce sens, toute éducation est une auto-éducation, elle n’est pas seulement une inculcation, elle est aussi un travail sur soi. - Ce travail ne se réalise pas dans le seul face à face pédagogique des maîtres et des élèves. Les élèves ont aussi une vie en dehors de l’école et gèrent plus ou moins toutes ces dimensions d’une expérience qui se transforme au fur et à mesure qu’ils franchissent les étapes de leur formation qui se module différemment selon leur position dans le système, selon les diverses situations sociales.

- La socialisation est un processus paradoxal. D’une part, elle est un processus d’inculcation. D’autre part, elle n’est réalisée que dans la mesure où les acteurs se constituent comme des sujets capables de la maîtriser.

- Tous les élèves ne franchissent pas les étapes de la même manière. Les uns élaborent peu à peu une expérience qu’ils maîtrisent, alors que les autres n’y parviennent pas, se sentent dépossédés, indifférents, parfois détruits par leur parcours.

- Le système scolaire fabrique divers types d’acteurs et de sujets qui seront appelés à occuper diverses positions sociales. L’école assure les uns et affaiblit les autres ; les uns se forment dans l’école, les autres en dehors, malgré elle ou contre elle.

Sujet proposé par H.Nadia

 

LES MUTATIONS DE L’ECOLE

A L’ECOLE ELEMENTAIRE

UN COLLEGE DE BANLIEUE

CONCLUSION

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