La Pédagogie Institutionnelle

La Pédagogie Institutionnelle

 

 

              I.      Historique        

 

1)      La Psychothérapie Institutionnelle (TOSQUELLES et Jean OURY)

2)      La classe coopérative, les méthodes actives  (FREINET)

3)      De la classe coopérative à la Pédagogie Institutionnelle (Fernand OURY)

 

          II.      Médiation : Loi, groupe, techniques 

 

 

1)      Ce qu’on entend par médiation 

2)      Les institutions comme médiations

3)      La classe comme espace pédagogique et thérapeutique

 

III.  Pratiques de la Pédagogie Institutionnelle 

 

1)      La loi dans la classe

2)      L’atomium » ( Fernand OURY) une « machine » institutionnelle  (TOSQUELLES)             

3)      La parole dans la classe : des lieux institués

                  Le « quoi de neuf »

                  Le « Conseil »

4)      D’autres institutions

Les métiers

La monnaie, le marché

5)      Des outils

Le sociogramme, les équipes

Le plan de travail pour l’organisation de la classe

Le plan de travail individuel

6)      Les ateliers d’apprentissages

                 Le texte libre

                 La correspondance scolaire

                 Les albums collectifs

7)      L’évaluation 

                 Le cahier de ceintures

 

I.  Historique

 

 

On ne peut pas parler de Pédagogie Institutionnelle sans retourner à son histoire, son fondement, à savoir  l’historique de la Psychothérapie Institutionnelle, afin de mieux en saisir son sens et de choisir de la mettre en pratique dans vos classes.

Cela me semble fondamental : la Psychothérapie Institutionnelle est l’entrecroisement de l’éthique et du  politique. Aujourd’hui nous sommes entrain de vivre sa controverse, nous retournons à une époque pensée révolue, où le malade mental était considéré comme « inhumain ».

La médicalisation surseoit à la parole, les psychotropes font « taire » la souffrance et l’économie pharmaceutique est à son apogée alors que l’économie psychique à son déclin 

 

Pour retracer cette histoire qui est en train de s’achever dans les hôpitaux psychiatriques actuels, je vais vous parler brièvement des hommes qui l’ont traversée, des pionniers de cette praxis, qui s’est transposée dans le champ pédagogique.

 

1)    La Psychothérapie Institutionnelle

 

 

François TOSQUELLES, psychiatre catalan, né à Reus le 22 août 1912 et disparu le 25 septembre 74, a profondément marqué la psychiatrie des 50 dernières années.

Nationaliste catalan, à l’origine des rencontres de Psychiatrie à la fin des années 60

Dans les années 30, il est très vite engagé dans la vie politique, il fait partie des fondateurs des P.O.U.M., ( Parti Ouvrier d’Unification Marxiste), qui va être persécuté par le parti communiste espagnol et décimé pendant la guerre civile par les Staliniens Espagnols

Avant le début de la guerre d’Espagne, en 36, il s’enrichit de ce qu’apportent les intellectuels  catalans d’une part, et des émigrés juifs allemands, qui, quittent l’Allemagne nazie, parmi lesquels se trouve celui qui sera, dit-il, l’initiateur de l’idée de  la Psychothérapie Institutionnelle : Wolf, qui parle de GESTALT (d’ensemble)

C’est avec lui que s’inaugure le travail de réflexion sur le traitement de l’hôpital, qui va être la base de la de la pratique de la Psychothérapie Institutionnelle.

Lorsque Tosquelles quitte le front, il constitue plusieurs services de psychiatrie, dont un service de Psychiatrie des Armées, puis un service de psychiatrie pour les réfugiés espagnols, puis il se retrouve en 1940 comme infirmier psychiatrique à l’hôpital de Saint-Alban  en Lozère (dont il deviendra par la suite médecin directeur), avec son ami Solanès (qui lui sera plus tard professeur au Vénézuela)

C’est à partir de là (1952) que Tosquelles, entouré de ses amis dont Bonnafé (psychiatre communiste), Solanès, Balvet …que commence la résistance, mais aussi un travail de  théorisation et de mise en pratique de ce qui sera appelé « la Psychothérapie Institutionnelle Française », dont d’abord Tosquelles dit « ça n’existe pas » parce que CE N’EST PAS UN ETAT, C’EST UN MOUVEMENT.

C’est surtout un travail, de théorisation de la mise en pratique de la modification de l’hôpital, pour «  SOIGNER L’HOPITAL », qui durait des nuits entières en attendant les parachutages.

Son ami Jean OURY (devenu psychiatre aussi par la suite) le rejoint à Saint-Alban en 1940 et dira des promoteurs de la Psychothérapie Institutionnelle, « qu’ils sont des gens inscrits dans une histoire propre et dans une empreinte, qu’ils remettent en œuvre dans ce travail ».

Pour Tosquelles, c’est bien sûr la guerre d’Espagne et l’engagement politique, pour Oury ce sont les auberges de jeunesse, la vie associative, pour Daumezon, la discipline d’éclaireur et une éthique en rapport avec son éducation. A Saint Alban, ils n’ont perdu aucun patient alors que 40 000 malades mentaux sont morts de faim dans les hôpitaux psychiatriques pendant la guerre.

En fait, ils étaient engagés, l’ensemble du personnel médical, infirmier, administratif, et l’ensemble des patients, dans ce partage d’une vie dangereuse (ils accueillaient des réfugiés en danger à Paris et c’est comme ça que Paul Eluard est allé à Saint- Alban, de même que Canguillhem, et bien d’autres)

 

A partir de 1960, Tosquelles crée avec ses amis le G.T.P.S.I. (Groupe de Travail de Psychothérapie et de Sociothérapie Institutionnelle) qui rassemble autour de lui une trentaine de psychiatres des hôpitaux et d’autres personnes comme le philosophe Félix Guatarri, et là il annonce la METAPHORE DES DEUX JAMBES : il dit que la Psychothérapie Institutionnelle, c’est une boiteuse qui marche sur deux jambes :

-         une politique qui reprend les apports de Marx, de Levi-Strauss…

-         une psychanalytique, avec l’apport de Freud, et la prise en compte dans le collectif des effets de l’inconscient et des effets de transfert et qui laisse surgir spontanéité, non- neutralité, et authenticité.

Tosquelles était extrêmement près des besoins des gens dont il avait la charge, de leurs préoccupations au quotidien sur le terrain. Il restera pour tous ceux qui l’ont connu le modèle du vrai thérapeute, pour qui « soigner, c’est d’abord comprendre et non pas classifier »

et qui a écrit cette phrase « votre livre de chevet doit être l’enfant lui-même» 

 

 

Le projet de psychothérapie institutionnelle est un projet d’accueil psychothérapique, psychanalytique de la psychose, projet dont la mise en place est spécifique dans le lieu où on se trouve, et qui repose sur la mise en place de ce qui s’appelait le « club thérapeutique », un des points théoriques les plus importants. Une réunion regroupant toutes les personnes qui entouraient les malades, les infirmiers étant soignants à part entière dans ce qu’ils appelait « le collectif »(ce qui deviendra le Conseil en P.I.).

L’idée c’est la rencontre de la psychose et du groupe, car le transfert dans la psychose est éclaté sur le collectif. Cette notion est empruntée à BION qui a travaillé sur la dynamique des groupes restreints et qui disait « qu’un schizophrène fonctionne comme un groupe et un groupe comme un schizophrène et que donc ils étaient faits pour se rencontrer ». Le groupe est dépositaire des parties indifférenciées de chacun, de la partie psychotique de la personnalité.

Ensemble, ces psychiatres ont contribué, d’une part à modifier l’hôpital et soigner les malades, d’autre part, ils sont les promoteurs de la politique de secteur.   

 

Le club c’est ce qui permet la greffe sur l’Institutionnel, du Contractuel ou ce qui permet la mise en question du pouvoir de l’Etat par la voie associative. Tous les « clubs » mis en place dans les hôpitaux sont des Clubs Association 1901, qui viennent introduire la dimension du Contractuel par rapport à l’Institutionnel, la dimension de la culture par rapport à la nature (à l’intersection entre le désir et la Loi).

(A l’échelle de la classe, ce sera la  mise en place des Institutions par le groupe dans le CONSEIL, et non plus le maître comme ayant seul le pouvoir de décision, mais cependant garant de la Loi)

 

Dans son article intitulé« pédagogie et Psychothérapie Institutionnelle » tiré d’un ouvrage édité chez Hiatus en  1984, il décrit comment il a développé tout un travail de pédo-psychiatrie dans un établissement, qu’on appellerait « spécialisé » « le clos du nid » , à Marvejol, près de Saint-Alban. Et il introduit la notion de  pédagogue au sens grec ancien, pour rappeler que le pédagogue, c’était celui qui transportait l’enfant, de la maison – où il recevait les soins de la mère, les soins du corps – à la Palestra où il allait recevoir l’enseignement des disciplines. Il soutient que dans ce transport-là, ce « transfert », il y a quelque chose de libidinal, de la maison dans l’école. Par la suite, les enfants sont venus à l’école de plus en plus tôt, ce qui a entraîné, non pas le réinvestissement prévu dans la période de latence, mais au contraire un refoulement excessif de tout ce qui avait été vécu par l’enfant au cours de ses premières années, dans le champ de la sexualité infantile, et qu’il met en forme dans le symptôme, que Tosquelles appelle « son code », sa « musique » avec ses rythmes, ses coupures qu’il nous faut repérer.

 

 

 

Et ce que dit Tosquelles, c’est que pour ces enfants-là, le premier conflit se manifeste dans sa scolarité, qui est le lieu social de l’enfant et que de « instruction publique », on est passé à « éducation nationale »en prenant en compte quelque chose qui jusque-là, revenait à la famille (et cela de plus en plus de nos jours). Lorsque que l’école ne peut plus contenir ces débordements libidinaux ou mortifères, on est obligé d’avoir recours  à des aides extérieures et l’école est disqualifiée par ces familles qui dénient bien souvent la difficulté à la maison.

On peut dire que Tosquelles est à l’origine de l’humanisation (« homonisation » dirait le docteur Cappadoro) et la liberté de mouvement dans l’hôpital psychiatrique afin que la parole circule. Il disait que quitter le service pour aller au club, c’est entrer dans un « processus de déconstruction- reconstruction ».

 

La psychothérapie Institutionnelle est donc un « mouvement » qui met en cause pratiques et conceptions du champ psychiatrique dans un désir « d’humaniser » les relations

La psychothérapie Institutionnelle n’est pas une « technique » parmi d’autres. C’est une pratique, des concepts, basés sur l’abord multidimensionnel de la psychose c'est-à-dire une mise en acte d’approches différenciées : le social, le psychologique, le psychanalytique, le biologique.

Jean Oury dit « si on parvient à saisir quelque chose en ce qui concerne les psychoses, on pourra mieux comprendre la « normalité» et cette démarche thérapeutique peut être utilisée dans d’autres domaines, en particulier dans las milieux éducatifs et pédagogiques »   

 

Il privilégie une « thérapeutique plus active » « responsabilisant » tous les malades et le personnel de l’hôpital, et considère l’établissement comme un organisme « malade » qu’il faut constamment traiter. « Soigner l’hôpital » c’est responsabiliser tout le monde, malades et personnel de tout statut (une responsabilité collective qui n’exclue pas que chacun soit responsable)

Ce qui apparaît comme le principe fondamental de cette action c’est  la prise en compte de l’inconscient et la question du transfert et de ses modalités (transfert éclaté, latéraux, identifications…), des effets de transfert qui mobilisent des motivations. Le transfert, je cite Jean OURY «  est la mise en question pour chacun du désir d’être là dans ce qu’il fait »

 

Les effets de groupe seront repris en sociométrie par Moreno qui mettra en avant l’existence « d’importants réseaux psychologiques, non repérés ».

L’étude des petits groupes sera reprise également par Bion, dans une expérience au sein de l’armée anglaise pendant la dernière guerre, qui étudie les « tensions intérieures au groupe dans la thérapeutique », et l’évolution de chacun dans le groupe.

 

La psychothérapie Institutionnelle crée des façons de vivre qui permettent à chaque malade d’être soigné au niveau de sa singularité, de sa différence d’avec les autres. Mais ceci n’est réalisable que par une étude des modes de gestion de l’espace, et la création d’espaces différenciés. Les conditions de vie qui leur sont offertes leur permettent une certaine liberté d’expression, une liberté de mouvement, une « liberté de circulation et de rencontre » qui permet de multi-investissements. Notre travail dit Jean Oury « c’est de greffer de l’ouvert ».

 

Il ne s’agit pas d’attendre passivement, ni d’orienter les choix des investissements, du moins de façon directe, c’est de veiller à l’hétérogénéité du groupe et du milieu micro-social. Il est nécessaire pour cela de mettre en place une structure adéquate qui favorise un processus d’institutionnalisation.

Tosquelles parle de « filet institutionnel ». C'est le support micro-social d’occasions orientées. C’est à partir de telles occasions que les investissements se feront, mais on ne doit surtout pas chercher à en avoir la maîtrise, mais veiller à la sécurité de tous en accueillant la spontanéité de chacun.

 

Ceci n’a de sens que s’il existe, en amont une position éthique «  on est responsable de la responsabilité d’autrui » suivant la formule d’Emmanuel Lesvinas, et ceci de manière authentique. Collectivement on doit pouvoir faire accéder les psychotiques à leur propre  responsabilité avec un sentiment d’assentiment ou d’approbation (ce dont a manqué le plus le patient dans son extrême jeunesse, c’est d’assentiment de sa mère aussi bien que de son entourage proche).

Mais une grande vigilance est nécessaire pour que cet assentiment ne devienne pas une forme de paternalisme, la forme d’aliénation la plus courante de la société contemporaine, qui se présente sous une forme de mépris camouflé, de pitié, de fausse charité, de protection abusive…qui en fait se substitue au sujet, annihilant toute responsabilisation subjective.

Il faut que chacun puisse avoir une capacité concrète d’initiative, de responsabilité, et puisse en même temps tenir compte des autres.

C’est en ce sens que la collectivité doit inventer une structure qui permette de lutter contre ce mouvement naturel « d’aliénation et de chosification » que Jean Oury appelle « pathoplastie » (l’ensemble de réactions dues au milieu, la reprise micro -sociale d’une aliénation massive).

L’élément essentiel pour garder un certain degré de liberté est la mise en place d’un organisme collectif à l’intérieur de la collectivité, d’où la notion de « club thérapeutique » (le Conseil dans la PI) qui permet d’introduire une tiercéité (A.Green) ou un « tiers régulateur » (Sartre). Ce club est auto-géré par l’ensemble des personnes présentes : tous les malades et le personnel, qui organisent une gestion concrète, matérielle, économiques, initiatives…mais qui ne remet pas en cause la gestion de l’établissement, lequel reste toujours articulé à l’état.

Pour qu’une collectivité puisse fonctionner d’une façon à peu près efficace, il est nécessaire qu’il y ait une analyse permanente collective de tous ces facteurs aliénants. C’est ce que Oury appelle « le collectif ». Ce « collectif » produit la possibilité de sauvegarder un certain degré de liberté, d’initiative, d’évènements qui vont faire émerger les singularités à travers  ce que Oury appelle des « espaces du dire » où chacun va se réapproprier son espace subjectif. Il est logique d’envisager cet ensemble thérapeutique comme pouvant créer des espaces investis par chacun, des espaces de vie bien différents, qui n’empiètent pas, qui se délimitent. 

 

On a là les principes fondateurs de la mise en œuvre de ce filet institutionnel dans la classe : des espaces, des lieux, des limites, la parole, sous couvert de la Loi. Ce que Fernand Oury (enseignant spécialisé, demi frère de Jean Oury) reprendra sous la forme des 4L (Lieux, Loi, Limites, Langage)  

 

 

2)    La classe coopérative, les méthodes actives

 

 

Célestin Freinet (1896- 1966)

 

 

C’est en 1924, au lendemain de la guerre, à Bar sur Loup, qu’est née la pédagogie Freinet. A cette époque, le peuple (adultes et enfants) était soumis, conditionné à se battre et s’entretuer.

Freinet veut donner aux enfants le droit à la parole, et leur faire connaître la richesse de l’environnement extérieur en les accompagnant sur le chemin de la production et du savoir. Il partait en promenades scolaires, qui disait-il, étaient une moisson de choses intéressantes. Au retour en classe, on tirait à l’imprimerie ce que les enfants racontaient pour lire ou pour être lu par leurs correspondants. Ces compte- rendus étaient leur support de lecture, une lecture qui avait du sens pour eux.

La Pédagogie Freinet, c’est le rapport du groupe à l’imprimerie, la richesse de la correspondance.

C’est d’abord une pédagogie basée sur la contrainte et l’échange : il fallait trouver quelque chose à échanger, à envoyer aux autres.

C’est une pédagogie de la production, de la contrainte du travail bien fait. Il engage les enseignants de l’époque dans la coopérative.

 

Il y a le retrait du maître au profit de quelque chose qui fait tiers : l’imprimerie, la correspondance, le journal …font tiers. (cf Bion et les groupes de travail). L’objet médiateur (le travail), support de relation entre les enfants, et qui triangule les rapports inter personnels.

«il faut changer le milieu »,disait Freinet, changer le rapport à l’école, le rapport au savoir en amenant l’enfant à construire ses propres savoirs, par la médiation du groupe, la richesse des échanges, l’expression libre et le respect de la différence.

Il crée son école « l’école Freinet » à Vence, l’Institut Coopératif de l’Ecole Moderne (ICEM), qui s’en éloignera par la suite, au profit d’une idéologie de l’expression de l’enfant, et dont  les publications sont PEMF (Publications de l’Ecole Moderne Française).

 

L’un voulait « soigner l’hôpital », l’autre voulait « changer le milieu », c’est de cette rencontre, entre ces deux mouvements : la Psychothérapie Institutionnelle et les pratiques Freinet qu’est « née » la Pédagogie Institutionnelle.

 

 

3)    De la classe coopérative à la Pédagogie Institutionnelle

 

 

Fernand Oury, enseignant spécialisé met en pratique les techniques Freinet dans des classes de banlieues  parisiennes dans les années 60. Il crée avec son frère psychiatre le GET (Groupe d’Education Thérapeutique) et travaille avec une psychologue psychothérapeute d’enfants Aïda Vasquez dans la classe. Ensemble, praticiens chercheurs, écoutant l’enfant derrière l’élève, ils prennent en compte l’inconscient dans la classe et analysent les effets thérapeutiques  de la parole, libérée, par et dans les « institutions » mises en place, en faisant de la classe un milieu de vie. 

 

 

 

II.   Médiation : Loi, groupe, technique 

 

 

1)    Ce qu’on entend par médiation

 

 

La médiation c’est ce qui va « dé-lier » pour « re-lier » : délier c'est-à-dire séparer la mère et l’enfant afin ce que le sujet advienne et puisse ensuite relier, c'est-à-dire créer d’autres liens (liens sociaux, liens au savoir) et donc accéder au processus de symbolisation et entrer dans les apprentissages.

«  Le premier désir, le désir de fusion imaginaire avec une mère fantasmée, doit être à jamais interdit pour que l’enfant progresse et accède à la culture »  A.VASQUEZ.

 

Ce tiers, cette médiation c’est la « mise en pratique » de la Loi à laquelle nous sommes tous soumis et dont nous sommes, nous les adultes, les garants en classe.

La PI se pratique en référence à la Loi. Nous sommes tous des êtres humains appartenant à une société qui s’articule autour de trois interdits fondamentaux, plus relatifs qu’absolus

-         interdit de l’inceste

 

-         interdit du meurtre

 

-         interdit du cannibalisme   (obligation à la parole)

 

 

Ces « inter-dits », c'est-à-dire « ces dits entre les individus » se déclinent dans toutes les institutions de notre société (les droits de l’homme, les lois du parlement, le code civil…) et vont se décliner dans la classe sous forme de règles et d’institutions internes, que l’on va mettre en place dans la classe. Ce seront autant de médiations qui vont permettre que « ça » circule et ça fonctionne.

 

Les règles vont se discuter, se négocier, mais la Loi des hommes, ce qui fait que nous sommes des êtres de culture et de langage est non négociable.

Les interdits posent les limites, fixent le cadre. La Loi, inscrite sur le mur devient un langage et fait de nous des êtres de culture. On va passer du discours agi (pulsionnel) au discours verbal (symbolique), apprendre à tolérer la frustration, à différer ses besoins. Toute transgression est parlée, et sanctionnée,  pour permettre la réparation et pouvoir réintégrer le groupe.

La sanction marque une butée. Elle permet de responsabiliser l’auteur de l’infraction, de retrouver sa dignité et le respect des autres, et assure la pérennité  de la règle.  

L’enseignant, l’adulte en est garant et a « droit de véto », il a le droit de dire non à ce qui est incompatible avec la Loi. Ce « droit de véto » protège le groupe et les enfants dans le groupe. Son respect de la Loi, son éthique, sa fiabilité et sa résistance vont sécuriser les enfants qui pourront ainsi s’émanciper et devenir autonomes et responsables au sein du groupe.      

Mots clés : respect, résistance, sécurité, évolution, ouverture

 

 

2)    Les institutions comme médiation

 

 

«Une institution est un ensemble d’individus qui interagissent en partageant certaines normes dans la réalisation d’une tâche »[1] c'est-à-dire qui sont en inter relation dans une sociabilité par interaction.

 

 « Les institutions mises en place  par le groupe sont fondamentalement des médiations » : ce par quoi un troisième terme est introduit,  et qui permet une distanciation symbolique et structurante.

 

La classe devient un lieu de médiations, en ce que les relations entre les élèves et l’enseignant  sont toujours situées dans un « triangle «  éducatif ou didactique » De PESLOUAN.

 

                               

                                                                      

 

                                                   Médiation (Loi, institutions, techniques, groupe…)

                                          

                                              

 

                                    &nbs

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site