Petit manuel pour parler en public, être écouté, convaincre

3. Conduite de l'exposé

3.1. Maîtriser sa nervosité

 

-Se préparer consciencieusement

-Se concentrer

-Se décontracter

 

Toute personne, et c'est normal, éprouve un certain trac au moment de se donner en spectacle.

 

Un sondage récent effectué en France a révélé que, pour la majorité des 3 000 interviewés, la pire crainte, supérieure même à la peur des difficultés financières, de la maladie et de la solitude, était celle de parler en public.

 

Cela tient probablement au fait que nous craignons tous le jugement d'autrui: nous avons peur d'être catalogués, ridiculisés; nous supportons mal de voir attaquer nos idées; nous appréhendons le trou de mémoire; nous redoutons de bafouiller, etc.

 

Pour vaincre la peur et la nervosité, il faut commencer par les accepter, puis agir de façon à les dominer. Vous y arriverez probablement en suivant quelques règles simples.

 

D'abord, préparez-vous consciencieusement, par exemple en franchissant une à une les étapes que nous avons décrites précédemment. Si, de plus, vous vous exercez plusieurs fois à donner votre exposé, affronter l'auditoire véritable ne devrait pas apporter de surprises désagréables. Psychologiquement et matériellement vous serez prêt

 

Juste avant l'exposé, concentrez-vous. Inspirez à fond et soufflez très doucement, recommencez plusieurs fois de suite, l’effet calmant est immédiat. Ne laissez pas la nervosité vous ôter vos moyens. Axez vos pensées sur la tâche et sur l'auditoire qui vous attendent Si possible, essayez d'entrer en contact avec les auditeurs.

Vous constaterez l'effet calmant d'un bref échange de propos avec eux avant l'exposé. Et plus tard, lorsque vous croiserez leur regard, vous sentirez votre confiance s'accroître.

Habituez-vous à regarder les gens à qui vous parlez dés le début de votre allocution. Tâchez d'avoir de chacun une image nette. Concentrez-vous sur eux et sur la tâche que vous allez entreprendre ensemble.

 

Lorsque vous êtes nerveux, votre corps réagit. Des signes physiologiques (tension musculaire, transpiration, accélération du rythme cardiaque, etc.) se manifestent. En réalité, ils traduisent un surplus d'énergie qui ne demande qu'à être dépensé. Si vous pouviez «piquer un 100 mètres» ou pousser un grand cri, ces signes gênants disparaîtraient probablement C'est pourquoi, et c'est la troisième règle à suivre, vous devrez trouver un ou deux moyens de vous décontracter. Par exemple, avant l'exposé, marchez, respirez profondément plutôt que de prendre l'ascenseur, montez l'escalier, etc.

Pendant l'exposé, bougez, ne restez pas crispé. Si vous êtes décontracté, votre auditoire le sera aussi. Et, s'il vous arrive de commettre une petite erreur au cours de l'exposé, vous serez capable de reprendre le fil tout naturellement, et même d'en rire avec votre auditoire.

 

Soyez vous-même pendant l'exposé. N'essayez pas de projeter une image de vous différente de ce que vous êtes réellement. Naturel et simplicité vous permettront d'atténuer les symptômes physiologiques de votre nervosité et de prendre plaisir à communiquer.

 

 

3.2. Introduire son sujet

 

-S'installer

-Capter l'attention

-Annoncer les objectifs, le plan, le déroulement

 

L'introduction est capitale dans un exposé, car elle constitue votre premier contact avec l'auditoire et la première occasion de l'intéresser à votre propos. Nous allons parler ici des éléments constitutifs de l'introduction: le déclencheur et l'annonce des objectifs et du déroulement Mais nous allons surtout donner des conseils pratiques sur les gestes à faire et à ne pas faire.

Vous êtes assis. L'animateur vous présente et tous les regards se tournent vers vous. Ne vous laissez pas troubler: soyez naturel, levez-vous et avancez-vous doucement. Ne vous précipitez pas vers le lutrin, la table ou le rétroprojecteur; vous risqueriez d'oublier quelque chose ou de faire toutes sortes de gestes désordonnés.

 

Avant de parler, installez-vous. Il n'est certes pas recommandé de vous adresser à l'auditoire tout en vous penchant pour fouiller dans votre sac, en lui tournant le dos pendant que vous testez la qualité de votre projection ou en explorant vos poches pour trouver la fiche qui vous manque.

 

Vous voici prêt. Mais le moment n'est pas encore venu de vous mettre à parler. Commencez par regardervotre auditoire. Assurez-vous que les gens sont prêts, eux aussi, à vous écouter. Rien ne sert de parler s'ils discutent encore. Regardez-les attentivement et, une fois l'exposé commencé, maintenez ce contact visuel. Ne parlez pas le dos tourné pour décrire un transparent ou en lisant. Faites-le sans notes, les yeux fixés sur l'auditoire. Soyez naturel, n'ayez pas l'air de répéter un texte appris. Un simple bonjour à la cantonade, un merci à l'animateur vous mettront probablement dans le bain. Évitez les «euh..., bon ben..., OK...» pendant tout l'exposé. Faites des pauses. Plutôt que de tomber dans des tics de langage, gardez le silence.

Évitez les gestes qui distraientl'auditoire et ont le don de l'agacer. Ne vous accrochez pas au lutrin comme si vous alliez tomber. Ne «mangez» pas le microphone; ne jouez pas constamment avec un stylo; ne torturez pas vos fiches aide-mémoire, vos vêtements ou le fil du microphone. Ne déplacez pas sans cesse les transparents sur le rétroprojecteur. Ne passez pas votre temps à remonter vos lunettes, etc.

Enfin, ne murmurez pas. Parlez fort, sans exagération toutefois, afin que l'on vous entende.

 

C'est maintenant le moment d'attirer l'attention de l'auditoire sur votre sujet avec un élément déclencheur. Nombre d'orateurs débutants veulent accrocher leur public en lançant une bonne blague.

 

Mais attention, si le comique n'est pas votre fort, on rira peut-être davantage de vous que de votre blague. Ne racontez jamais d'histoire sexiste ou raciste; cela risque de vous aliéner immédiatement une partie de l'auditoire. Rappelez-vous cette phrase d'un humoriste américain:

«Being funny is a very serious business!».

 

Il existe d'autres procédés déclencheurs au moins aussi efficaces, sinon plus, que la blague.

Par exemple, reliez votresujetauvécu ou à une expérience commune à tous les membres de l'auditoire: «Vous payez tous une facture de chauffage, n'est-ce pas? Savez-vous combien d'argent la biénergie pourrait vous faire économiser par mois?» Vous pouvez également souligner l’importance que présentevotresujet pour l'auditoire ou amener votre sujet en éveillant la curiosité naturelle des gens: «il y a eu 1 200 accidents de moto en Loire Atlantique cette année. Savez vous combien ont été fatals à cause de défauts du casque des victimes?»

 

D'autres entrées en matière conviennent tout aussi bien: citerunephraseconnue; poserunequestion qui dérange («Que feriez-vous si vous deveniez aveugle?»); raconteruneanecdote propre à dramatiser votre sujet ou à y introduire un certain suspense.

 

Toutefois, il ne faut pas souscrire avec trop d'enthousiasme au principe du déclencheur; cela dépend du sujet que vous traitez et du cadre de votre intervention. Un séminaire de doctorat consacré à l'épistémologie de la littérature n'est peut-être pas l'endroit le plus propice aux entrées sensationnelles...

 

Une fois que vous avez capté l'attention, précisez votre sujet livrezvosobjectifs et annoncez le déroulement de votre exposé.

Présentez ces éléments au moins verbalement Si possible, affichez-les sur un tableau ou sur un transparent, ou préparez des photocopies.

Expliquez aux gens ce que vous attendez d'eux pendant et après l'exposé; indiquez-leur s'ils doivent prendre des notes ou si vous leur distribuerez un résumé de votre exposé; précisez-leur s'ils peuvent vous interrompre, etc. Autrement dit, donnez-leur les règles à observer pendant votre exposé.

 

Rappelons que vous ne devriez pas consacrer plus d'une ou deux minutes à l'introduction.

 

 

3.3. Structurer son propos

 

-Faire des transitions en renvoyant au plan

-Donner des définitions, si nécessaire

 

L'effort de structuration que vous avez fourni avec une introduction soignée doit évidemment persister au cours de l'exposé. Le principe est toujours le même: guider les auditeurs le mieux possible.

 

Ainsi, le passage d'une idée principale à une autre vous donne tout naturellement l'occasion de situer de nouveau l'auditoire dans le développement de votre raisonnement ou de votre description. Vous pouvez en profiter pour faire le point, sous forme de résumés internes, et pour annoncer ce qui suit. Si votre plan est écrit au tableau, indiquez toujours le nouveau point que vous allez aborder. Si vous l'avez reporté sur un transparent affichez-le et indiquez où vous en êtes avec une baguette ou un crayon, à l'écran ou sur le rétroprojecteur. Si les auditeurs ont reçu des photocopies, signalez leur le numéro correspondant à l'idée que vous allez développer.

Les orateurs pèchent souvent par abus de termes scientifiques ou de jargon de métier. Il est fortement conseillé de définir tout terme ou notion inusitée, ou employée de façon inusitée. Vous devez juger vous-même de ce qu'il faut définir et du moment le plus opportun pour le faire. Tous ces efforts pour clarifier et bien encadrer votre message permettront sans doute à votre auditoire de mieux discerner les parties essentielles de votre exposé.

 

 

3.4. Varier les stimuli

 

Pour capter et soutenir l'attention d'un auditoire, il faut offrir un exposé riche en stimulations sensorielles auditives, visuelles et même non verbales. Voici comment tirer parti de votre voix, de votre regard, de vos déplacements et de vos gestes.

3.4.1. Voix

-Parler suffisamment fort

-Soigner la prononciation et l'articulation

-Varier les intonations

-Ajuster le débit

 

Rien n'est plus ennuyeux, dans un exposé, qu'un murmure monocorde sur le mode du récitatif. À l'autre extrême, un exposé donné de façon constamment tonitruante n'est guère moins monocorde ni moins ennuyeux.

C'est pourquoi il importe de varier à la fois le volume de la voix, les intonations et le débit du discours.

 

Surveillez d'abord le volume de votre voix. Même avec un microphone, il vous faut la projeter légèrement, surtout si le groupe est nombreux et la salle profonde, mais sans exagérer toutefois; il n'est pas nécessaire d'aboyer comme un sergent lorsque vous vous adressez à dix personnes. Pour savoir si vous donnez le volume convenable, regardez les gens dans la salle; s'ils tendent l'oreille ou plissent les yeux, votre voix est probablement trop faible. Vous pouvez également, au début de votre exposé, leur demander simplement s'ils entendent bien; ils vous le diront volontiers, puisqu'il y va de leur propre agrément.

 

Soignez également la prononciation et l'articulation. Sans adopter une diction pointue, ayez envers votre public la simple courtoisie de ne pas marmonner.

Surveillez ce point quand vous vous exercerez.

 

Faites attention aux intonations. Si vous êtes naturel, elles varieront... naturellement. Les différentes inflexions de votre voix vous feront passer, selon le cas, d'un ton affirmatif et convaincu à un ton dubitatif ou interrogatif. En modulant de la sorte votre voix, vous parviendrez à donner une allure dynamique à votre exposé.

Ajustez bien votre débit, c'est à dire le nombre de mots que vous prononcez par minute. Il variera selon les inflexions de votre discours, et c'est normal. Cependant, il vous faut éviter deux extrêmes: un débit trop lent, ennuyant, et un débit trop rapide, essoufflant et sans nuance.

 

Certains orateurs trop ambitieux tentent, en accélérant le débit, de comprimer un vaste sujet dans un laps de temps réduit. C'est là une erreur qui leur fera toujours perdre l'attention de leur public. Il faut au contraire, à l'étape de la préparation, adapter la quantité de matière à couvrir à la durée prévue pour l'intervention. En règle générale, les orateurs veulent trop en dire; leur débit, correct pendant un certain temps, prend de la vitesse en cours de route, et c'est au galop que se termine leur discours.

3.4.2. Regard

 

-Regarder une personne à la fois

-Pratiquer une technique de communication visuelle

 

Nous avons déjà insisté sur la nécessité de regarder constamment les auditeurs pour maintenir le contact et forcer leur attention. Nous vous avons aussi recommandé de regarder un seul individu à la fois plutôt que d'essayer de couvrir dans votre champ de vision le plus de personnes possible.

 

Voici deux techniques qui vous aideront à atteindre ce résultat : le balayage et les triangles imaginaires. Comme son nom l'indique, le balayage consiste à parcourir du regard les rangées de sièges et les individus qui y sont installés. Pour éviter cependant que l'opération ne devienne mécanique, arrêtez-vous régulièrement sur un visage pendant quelques instants (10 à 30 secondes) avant de reprendre le balayage, et procédez de façon aléatoire.

Vous pouvez aussi dessiner avec votre regard des triangles imaginaires dans la salle: en suivant les côtés de ces triangles, vous vous arrêtez pendant quelques secondes sur un individu placé à un sommet du triangle, puis vous repartez vers un autre sommet, c'est-à-dire vers un autre visage. Ce faisant vous rejoindrez tour à tour, au moins une fois pendant l'exposé, chacun de vos auditeurs, et, si vous vous sentez nerveux, le fait de regarder des individus, et non une foule, vous donnera certainement de l'assurance.

Souriez, soyez détendu, aimez votre publique, il vous le rendra.

 

 

 

 

3.4.3. Gestes et déplacements

-Se décontracter

-Parler debout

-Se déplacer

 

Si vous êtes raide et tendu pendant l'exposé, votre raideur et votre tension se communiqueront à l'auditoire et, de part et d'autre, la gêne s'installera. En revanche, si vous êtes décontracté, le public, comme vous, se sentira à l'aise. Un orateur doit cependant savoir doser ses gestes et ses mouvements. Certaines personnes sont tellement figées qu'on croirait qu'elles vont prendre racine; d'autres, par contre, trop agitées, énervent leur public. Il faut donc trouver un juste milieu.

 

D'abord, autant que possible, ne parlez pas assis. Tenez-vous droit, bien campé sur vos jambes, la tète haute, les épaules toujours perpendiculaires à la direction de votre regard. Imaginez que vous avez un projecteur suspendu au cou et que ce projecteur doive toujours éclairer la personne à qui vous parlez. Ces attitudes physiques toutes simples traduisent du dynamisme et de l'ouverture; elles vous aideront à conquérir votre auditoire et à le mettre en état de réceptivité et d'écoute active.

 

Prenez l'habitude de vous déplacer latéralement (et même dans la direction de vos auditeurs), si vous le pouvez. Vous verrez alors les regards vous suivre, et le contact plus rapproché, deviendra plus chaleureux. Déplacez-vous pour montrer quelque chose sur l'écran, pour répondre à une question, pour écrire au tableau, etc. Associés aux inflexions de votre voix, aux changements de direction de votre regard, ces quelques gestes feront du temps consacré à votre exposé des moments actifs et intéressants.

Tenez-vous immobile. Ne faites pal sans cesse des mouvements nerveux qui dégagent une impression de faiblesse. Chaque mouvement qui n'ajoute pas à votre présence lui nuit.

Laissez vos mains tomber naturellement à vos côtés. C'est la position idéale. Toutefois si les tenir derrière le dos, ou même les fourrer dans vos poches devait vous faire sentir plus à l'aise, la chose n'a pas grande importance. Si vous avez la tête et le cœur plein de votre sujet ces détails secondaires prendront tout naturellement leur place.

N'essayez pas, pour faire des gestes, de vous inspirer de ce qu'il y a dans un livre. Qu'ils viennent de vos impulsions. Laissez-vous aller à votre nature. La spontanéité, la vie, l'abandon sont les conditions nécessaires indispensables du geste ; non une grâce étudiée et l'obéissance à des règles.

Ne répétez pas le même mouvement jusqu’à ce qu'il devienne monotone; ne faites pas de petits gestes courts et saccadés avec le coude. Surtout prolongez vos gestes, pour que le plus expressif de vos mouvements coïncide avec le point culminant de vos paroles

 

3.4.4. Conviction et enthousiasme

 

 

Un être humain est prompt à se rendre compte si la voix qui parle vient de la tête ou bien du cœur. Même un chien s'en rend compte. Ce qu'il y a de plus beau de meilleur, quand on parle n'est ni physique, ni moral. C'est un élément d'ordre purement spirituel.

 

Quand vous parlez, l'attitude de vos auditeurs à votre égard dépend de vous. Si vous êtes languissant, ils seront languissants, eux aussi. Si vous n'êtes que mollement intéressé par votre sujets, ils ne seront que mollement intéressés à vous entendre. Si vous êtes enthousiaste, il est certain que quelque chose de votre enthousiasme finira par les pénétrer, car l'enthousiasme est l'un des plus grand sinon le plus grand facteur d'influence.

L'homme qui essaie d'être très ardent ou très spirituel, peut aisément échouer; l'orateur qui s'adresse à vous avec une conviction sincère n'échoue jamais… S'il est vraiment profondément convaincu qu'il est chargé d'un message qu'il désire vous communiquer, son discours jaillira de lui comme une flamme.

Malgré l'importance de cette conviction de cet enthousiasme contagieux il est étrange qu'elle fasse défaut à la plupart des hommes.

L'intérêt d'un bon discours, c'est que l'orateur ait vraiment quelque chose à dire et qu'il ait vraiment besoin de le dire.

Mettez votre tête en communication télégraphique avec votre cœur. Nous voulons que vous nous donniez non seulement les fait mais que vous nous découvriez quelle est votre attitude à l'égard de ces faits.

Servez-vous du langage que vous voulez, vous ne pourrez jamais exprimer que ce que vous êtes. La chose qui compte dans un discours ce ne sont pas les mots que l'on dis c'est l'esprit qui anime les mots.

Pour accumuler en vous l'ardeur nécessaire, pour éprouver l'enthousiasme, agissez avec enthousiasme, faites les gestes de l'enthousiasme. Dressez-vous de toute votre taille, regardez votre auditoire droit dans les yeux.

Que vos gestes soient expressifs. Surtout, surtout, ouvrez bien la bouche, parlez de façon à être entendu. Il y a beaucoup d'orateurs qu'on n'entend déjà plus à partir de neuf mètres de l'estrade.

Un prêtre de la campagne ayant demandé ce qu'il me conseillait de faire quand un auditoire s'endort par un après-midi très chaud, je lui répondit : « Ayez un bedeau muni d'un bâton pointu, et qu'il pique le prédicateur ! ».

 

3.5. Illustrer son propos

 

-Des illustrations en nombre raisonnable

-Des illustrations simples

-Des illustrations pertinentes

-Des illustrations lisibles

 

Pour rendre certains éléments de votre exposé plus faciles à saisir ou pour en souligner un détail, vous aurez besoin d'illustrations. Vous pourrez recourir au tableau noir, au tableau de papier, à des transparents, à des diapositives, à des photocopies, ou même à des objets réels. Vous utiliserez plus rarement les documents audio-visuels complets comme le diaporama, la vidéo ou le film, qui supposent des manipulations plus complexes et plus longues, et qui conviennent donc moins bien à des exposés de courte durée.

 

La quantité d'illustrations présentée au cours d'un exposé ne garantit pas que l'information dispensée sera emmagasinée, bien au contraire. La synthèse que permettent les moyens audio-visuels risque de rendre le message trop dense, voire impénétrable. C'est par le choix judicieux du moyen à utiliser et par son intégration harmonieuse aux autres composantes de l'exposé que l'orateur parviendra à bâtir, sur une structure limpide, un tout cohérent, clair et instructif. Il lui faudra toutefois se servir de ces moyens audio-visuels en professionnel de la communication verbale, et non en amateur, et témoigner ainsi son respect à l'auditoire.

 

Trois autres critères importants doivent présider au choix de l'un ou l'autre de ces moyens.

 

Le premier critère est la simplicité.

Lors d'un exposé, les variables à contrôler sont déjà nombreuses. Si, en plus, vous devez écrire votre plan au tableau, projeter des transparents, éteindre la lumière pour montrer des diapositives et distribuer des photocopies, vous risquez de passer plus de temps à préparer et à disposer votre matériel qu'à livrer votre exposé. Limitez donc votre choix de moyens visuels à un seul, de préférence, ou à deux, à la rigueur.

 

Le deuxième critère est la pertinence. Avez-vous absolument besoin de plusieurs moyens différents? Vos illustrations sont-elles toutes nécessaires? Les illustrations retenues offrent-elles la meilleure organisation visuelle possible? Le schéma que vous voulez projeter met-il bien en évidence tout ce que vous voulez faire voir, ou une partie seulement. Vos réponses à ces questions dicteront vos choix.

 

Enfin, le troisième critère est la lisibilité. Les personnes assises au fond de la salle pourront-elles lire ce que vous aurez écrit au tableau? Sur vos transparents, l'information est-elle si dense qu'on y retrouve à peine le message? Encore une fois, il ne sert à rien de montrer une illustration illisible...

 

Lorsque vous vous servez du tableau, écrivez en gros caractères bien nets. Ne parlez jamais le dos tourné à votre auditoire. Utilisez toute la surface du tableau, méthodiquement, de gauche à droite. Si vous avez prévu de recourir à des transparents, préparez-les d'avance; tirez parti au maximum de leur caractère visuel et synthétique; utilisez-les en nombre raisonnable. Ne dépassez pas 15 lignes par transparent formez des lettres grasses, larges et hautes; si vous employez la machine à écrire, agrandissez le texte avant de le reporter sur le transparent Indiquez où vous en êtes sur le transparent en pointant un crayon sur le rétroprojecteur. Veillez à placer l'écran de telle sorte que tous les participants puissent bien le voir. N'allumez le rétroprojecteur que lorsque vous en avez besoin: ce n'est pas une lampe de chevet!

Limitez le nombre de diapositives, si vous en utilisez, ainsi que la durée de la projection. Dans l'obscurité, on ne vous voit plus, et vous ne voyez plus l'auditoire. Ne projetez que des représentations du réel; réservez les textes, tableaux et figures aux transparents. Quant aux photocopies, enfin, il est préférable de les distribuer avant d'entamer votre exposé. Vous ne perdrez ainsi ni votre temps ni l'attention de votre auditoire, qui aura déjà en main le matériel dont il a besoin.

 

Pour des exposés courts, il est préférable d'employer des moyens que vous pouvez préparer d'avance:

transparents, photocopies, diapositives. Vous couvrirez ainsi votre sujet en moins de temps que si vous deviez, par exemple, écrire les renseignements voulus au tableau.

N'oubliez cependant jamais qu'il ne suffit pas de montrer une illustration pour qu'elle soit comprise; vous devez l'expliquer, car la connaissance ne s'acquiert pas par la simple contemplation d'une illustration.

 

 

3.6. Conclure

 

-Rappeler les objectifs et récapituler les points principaux

-Terminer par une phrase clé.

 

La conclusion d'un exposé doit remplir deux fonctions: vous permettre de récapituler les points principaux de l'exposé et de fixer un message clé dans l'esprit des auditeurs.

 

Des recherches ont montré que les gens retenaient mieux ce qui leur était présenté au début et à la fin d'une période donnée d'exposition à des stimuli. On devine aisément toute l'importance de ce phénomène en ce qui concerne l'introduction et la conclusion d'un exposé. Par ailleurs, d'autres études ont prouvé l'efficacité de la répétition intentionnelle au moment où l'attention se relâchait.

Les résultats de ces deux séries de travaux montrent bien l'utilité d'un résumé final qui puisse pallier les distractions éventuelles de certains auditeurs. Il s'agit donc de répéter intentionnellement l'essentiel de votre message en quelques mots.

 

Afin de bien démarquer la conclusion du développement de vos idées, signalez à votre auditoire que vous concluez: «En résumé», «Pour conclure»... Rappelez vos objectifs de départ et montrez, en récapitulantvosproposetarguments, que vous les avez atteints.

Terminez avec une phrase clé, en répétant brièvement votre idée centrale afin de frapper la mémoire des auditeurs. Choisissez ce qui convient le mieux: une illustration, un exemple, une application, une citation, une opinion que vous appuyez ou que vous réfutez; reprenez, comme un leitmotiv, le déclencheur de l'introduction. Incitez les gens à l'action, amenez-les à partager vos vues.

 

Prenez soin, incidemment, de bien chronométrer votre exposé. Ainsi, vous n'aurez pas à vous arrêter sans conclure, ni à étirer la conclusion pour combler votre temps. N'apportez pas non plus d'idées nouvelles, vous risqueriez d'égarer les auditeurs.

 

Comme pour l'introduction, la conclusion ne devrait pas dépasser une ou deux minutes du temps prévu pour votre exposé.

Ne terminez pas en disant : « c’est à peu près tout ce que j’ai à vous dire sur la question. Je vais donc en rester là. ». Arrêtez-vous, mais ne parlez pas de vous arrêter. Préparez soigneusement votre péroraison. Répétez là. Sachez presque mot pour mot comment vous finirez. Arrêtez harmonieusement votre causerie. Ne la laissez pas rugueuse et brisée comme un rocher déchiqueté.

 

 

3.7. Répondre aux questions

 

-Reformuler la question

-Répondre directement et brièvement

-Vérifier si la réponse est satisfaisante

 

Pour bien répondre aux questions qu'on vous posera, vous devez d'abord apprendre à écouter. En effet, bien des gens ne se concentrent pas suffisamment sur ce qu'on leur demande et, en guise de réponse, sautent rapidement à des considérations personnelles sans rapport avec le sens de la question.

Pour assurer une communication bilatérale tout à fait claire, vous pouvez vous fier à la méthode en trois temps que nous vous proposons ici.

 

D'abord, après avoir écouté la question, essayez delareformuler à voix haute, dans vos propres mots. De cette façon, vous vous assurez que vous avez bien saisi la question. Si vous en avez altéré le sens, on vous corrigera immédiatement et vous ne risquerez pas de passer à côté. De plus, vous permettrez à ceux qui n'auraient pas entendu de comprendre la question. Enfin, et ce dernier avantage est pour vous, pendant que vous reformulerez la question, vous aurez quelques secondes pour préparer votre réponse.

 

Ensuite, une fois la question reformulée, répondez, mais succinctement. Soyez concis, précis, justifiez votre réponse par des arguments pertinents et reliez-la aux intérêts manifestes des auditeurs.

 

Enfin, assurez-vousauprèsdevotreinterlocuteurquevotreréponselesatisfait. Un simple signe de tête, un «Ça va?», ou un «Est-ce que ça répond à votre question?» suffisent.

Vous pourrez ainsi passer à la question suivante, la reformuler, y répondre et vérifier la pertinence de la réponse.

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