l'alternance en formation

Quelques notions sur l’alternance en formation initiale

Quelques notions sur l’alternance en formation initiale

  Descriptif : Cet article présente l'originalité de la pédagogie de l'alternance dans les
formations professionnelles initiales par Laurence Guillet

L’alternance est « une succession répétée, dans l’espace ou dans le temps, qui fait réapparaître tour à tour, dans un ordre régulier, les éléments d’une série . » [1]

Véritable moyen d’apprentissage professionnel, l’alternance offre la possibilité à l’apprenant d’occuper une place centrale. Dans cette juxtaposition de fréquences théoriques et professionnelles, elle lui permet de mettre son savoir au profit de son savoir faire et inversement. L’alternance est au service de la construction des compétences professionnelles, ce fait est indéniable. Elle trouve sa richesse dans le large éventail de protagonistes : étudiants, formateurs, professionnels de divers horizons, différents lieux de stage.

Dans la littérature, l’alternance revêt des atouts différents. Selon F.RAYNAL et A. RIEUNIER, elle est d’abord définie comme « un dispositif de planification de la formation basé sur un principe d’interactions entre des situations de formation et des situations de production » [2] , en lui reconnaissant une utilisation prédominante dans les formations professionnelles. Cités par ces mêmes auteurs, GROOTAERS, ANTOINE et TILMAN distinguent quatre variantes de l’alternance. Des notions similaires sont d’ailleurs évoquées par d’autres comme G. MALGLAIVE ou P.BACHELARD.

- L’ alternance fusion : La théorie et la pratique ont lieu sur le même site. Elle est exclue du champ qui nous intéresse.

- L’alternance juxtapositive : Encore appelée fausse alternance par MALGLAIVE [3], elle fait cohabiter deux lieux de formation (école et lieu de production), donc deux systèmes d’informations distincts sans liens pédagogiques. Il y a bien juxtaposition dans le temps et dans la teneur des messages.

- L’alternance associative ou alternance approchée selon G. MALGLAIVE , fait que les partenaires de formation école et lieu de stage orientent la formation vers un même objectif, qui concoure à définir les mêmes vertus qualifiantes au système. Ce qui pose la question de la réelle implication de l’apprenant, le projet étant avant tout institutionnel.

- L’alternance articulation, celle que G. MALGLAIVE nomme alternance réelle ou intégrative, où les liens entre les lieux de formation sont assurés par l’utilisation des expériences mutuelles dans l’un et l’autre des lieux. Cette structure ainsi formalisée permet des interactions entre savoirs théoriques et savoirs pratiques, que l’apprenant s’approprie, construit et transforme en compétences professionnelles. P. BACHELARD [4]écrit qu’elle implique « réellement l’apprenant (…) en liant l’action et la réflexion sur le pourquoi et le comment ». F. RAYNAL et A. RIEUNIER disent d’elle qu’elle est « la vraie » ! situations de formation (SF) et situations de production (SP) sont organisées au sein d’une programmation précise. Les liaisons sont plus que formelles, elles sont systématisées. Les expériences faites en SP sont examinées en SF et inversement. Le lien est structurel. » [5]

Pour qu’elle soit efficiente, l’alternance doit à terme permettre le développement de compétences. Par elle, l’enseignement mené à l’IFSI et les activités professionnelles réalisées sur les lieux de stage prennent du sens. Des liens sont tissés entre ces deux entités structurelles et permettent l’élargissement des connaissances. Ces connaissances transférables en situations professionnelles construisent les compétences professionnelles.

La mise en lien de deux structures aux orientations différentes, l’institut, lieu d’acquisition des connaissances et le lieu de travail évoluant dans une logique de production mais également d’acquisition de connaissances, impose une finesse d’organisation de la formation.

L’alternance situe toujours l’apprenant au centre de cette interface avec pour seule optique son apprentissage et le développement de ses compétences. Mais dans la réalité les choix de l’alternance ne sont pas si évidents. Les contraintes liées aux effectifs dont le nombre est croissant ces dernières années, à l’orientation des modules dans le projet pédagogique, aux lieux de stage, font que l’alternance doit s’adapter aux nécessités du moment. Dans certains IFSI, elle tend plus vers l’alternance associative. En fait, les limites de l’alternance associative et de l’alternance intégrative ne sont pas si franches.

Le seul fait de l’utilisation d’une pédagogie par alternance induit la notion de guidance, donc la mise en place d’un suivi pédagogique. Les textes officiels, d’ailleurs, le mentionnent. En effet, la multiplicité des lieux d’apprentissage nécessite une mise en lien des savoirs et des capacités pour que l’étudiant puisse se les approprier et que se dessinent au fil de sa formation les prémisses d’une longue carrière.

L’alternance est la réponse pédagogique la mieux adaptée à la formation initiale des infirmiers. Les inter relations entre les professionnels qui gravitent autour de l’étudiant sur les lieux de stage et à l’IFSI majorent les moyens mis à la disposition du développement les connaissances et les capacités et des compétences. Comme le dit Philippe MEIRIEU [6] : « Il n’est de bonne pédagogie que dans l’éclectisme méthodologique » Ces deux composantes, multiplicité des moyens d’apprendre et suivi pédagogique sont l’essence même des compétences.

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