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Quelques profils types des harceleurs

Le harceleur... Mais oui, vous savez bien ! Celui qui rabaisse les autres en public, qui fait des «blagues» insultantes, celui qui jette des regards noirs, qui traite ses victimes comme si elles n’existaient pas... Il nous arrive à tous d’avoir des passages à vide, voire d’être temporairement imbuvable. Ce qui distingue les harceleurs, c’est leur action sur le long terme. Certains sont agressifs et aiment briller à la vue du public, d’autres, plus sournois, agissent dans votre dos. Le phénomène est à prendre très au sérieux ! Les relations de travail sont un des facteurs de risques psychosociaux. L’intimidation, la rétention d’informations, l’isolement et bien d’autres manoeuvres sont considérées comme des violences morales. Si les violences morales au travail ont de tout temps existé, le système de travail moderne favorise les comportements de prédateurs. Le secteur le plus touché par le harcèlement moral est... l’administration publique ! 
 D’après des études menées sur le harcèlement au travail, entre 50 et 80% des faits sont commis par un supérieur envers un subalterne. Entre 20 et 50% des harcèlements se font entre collègues. Moins de 1% concerne un subalterne envers son supérieur.
  En l’absence de mesures efficaces, oui ! Soyons clairs : «harceleur» est une expression toute faite. En réalité, il existe de nombreux profils. Sur la base de travaux dans le domaine de la psychologie et du management, on  vous propose un tour d’horizon de certains profils-types. Ce dossier n’a pas pour ambition d’être exhaustif, ni même d’apporter toutes les solutions. Chaque personne est différente. Nous espérons simplement vous donner accès à des informations qui pourront vous être utiles en cas de nécessité.

 

Le dictateur :


Il y a une différence entre être autoritaire et être despotique. Le dictateur ne la saisit pas. Ses caractéristiques Lui, c’est la force brute. Il est dans l’agression quasi-permanente. Le dictateur se figure que les autres sont des incapables fainéants, que sans lui tout s’effondrerait. Ca, c’est pour se donner bonne conscience. En réalité, le dictateur vit dans le conflit pour flatter sa personnalité, et plus les autres se plient à sa volonté, plus il devient exigeant. S’ajoute à cela un sentiment inavoué de peur : il craint que s’il venait à relâcher la pression, le système qu’il a créé  se retourne contre lui.
Tout ce qui est méchant et gratuit peut lui servir. Le ton agressif, les formules aiguisées comme des lames, les accès de colère sans raison. Discuter ne l’intéresse pas, il aime ordonner. Il est démesurément exigeant. Il n’hésite pas à couper la parole ou communiquer très franchement son manque d’intérêt pour ce que dit son entourage. Le dictateur aime mettre les autres sur la défensive, alors il multiplie les reproches sans fondements et se délecte de voir ses victimes se justifier. 
A un stade avancé de la confiance en sa supériorité, il aime humilier. En privé ou en public, peu lui importe. Seule compte la domination. Il peut alors «forcer des complices», en leur imposant des comportements, comme de ne pas parler à une tête de turc en particulier. Au stade ultime, il en vient au contact physique (bousculade, contacts légers, voire coups). Il prétend être indispensable au bon fonctionnement du service ; en réalité, c’est un nuisible. Dans un premier temps, il va cantonner son entourage à lui obéir aveuglément et bêtement, en condamnant la moindre prise de décision. Dans un deuxième temps, voyant que le système présente des failles, il va reprocher à son entourage de n’avoir pas pris de décisions. Perdus face à cette débauche de cris et de reproches, plus personne ne veut se démarquer. Seuls ceux qui ne font rien ne se trompent pas... Et avec le dictateur, il est interdit de se tromper. Contraint de tout gérer tout seul (ça se retourne contre lui), il en impose toujours plus et épuise physiquement et moralement son entourage. Certains jugent qu’un dictateur peut être utile. Ce n’est qu’en partie vraie : dans la première phase, quand l’entourage professionnel est encore motivé, le dictateur va effectivement booster les performances par la force. Mais la suite, mentionnée ci-dessus, est inéluctable. En outre, à se faire autant d’ennemis, le dictateur finit un jour par payer les pots cassés, ce qui risque de se répercuter sur son service.

 

Le manipulateur :


Attention ! Individu très dangereux, qui peut nuire aussi bien à votre vie privée qu’à votre vie professionnelle. 
Il a un double visage, un double langage. C’est un menteur, un hypocrite, un lâche. Il est dépourvu de conscience. Sordide profil 
non ? Hé bien le pire est qu’en général, vous vous en rendez compte lorsqu’il est trop tard. Car, à prime abord, le manipulateur est une personne qui n’a pas l’air très dangereuse. Souvent même elle se montre très abordable, à l’écoute, toujours prête à discuter en toute «franchise». Si bien que sa victime ne comprend pas comment la situation à pu dégénérer tout à coup. Le manipulateur cherche à être audessus des autres. Il se figure que son intelligence supérieure le lui permettra.
Dans un premier temps, le manipulateur procède à une phase d’approche. Il se montre sous son beau jour, entame une opération séduction. Dans un deuxième temps, il passe à l’attaque. Le revirement est généralement soudain, sans motif précis, ou alors juste un prétexte. La ligne «douce» consiste à vous salir dans votre dos auprès de votre hiérarchie et votre entourage professionnel. Les plus vicelards se poseront même en défenseur et tenteront de gagner votre totale confiance pour vous faire parler davantage (et donc vous salir davantage). La ligne «dure» consiste à se montrer impitoyable avec vous en privé tout en continuant à soigner une autre image en public. Du coup, il vous insulte, vous menace, se moque de vous, vous oblige à faire tout et son contraire, vous reproche des choses insensées ; lorsque vous allez vous plaindre, personne ne vous croit, tellement ces agissements sont aux antipodes de l’image qu’il donne. Ceux qui emploient la ligne dure la couplent généralement à la ligne douce, pour être encore plus convaincants, mais ce n’est pas toujours le cas. N’espérez pas le démasquer dans un face- à-face, il mentira systématiquement, quitte à feindre l’humilité ou se poser en victime. Pour avancer ,le manipulateur se figure que tous les coups sont permis, surtout les plus bas .

 

L'opportuniste :


On a tous à coeur de pouvoir faire carrière. Mais pour l'opportuniste -harceleur, la vie est une arène. Et gare à qui se trouve face à lui. Très compétiteur, il se mesure aux autres et fait le calcul de ce qu’il pourrait obtenir dans son intérêt. Avancement, mutation, primes, poste intéressant, responsabilités... tout ce qui est bon à prendre, il le veut. Il est très obséquieux avec ses supérieurs ; son attitude est plus contrastée envers ses collègues et ses subalternes. Car derrière son masque de tous les jours (indifférence ou aspect sympathique) se cache en réalité une personne dépourvue de loyauté. Entre le bien commun et ses intérêts personnels, le choix est vite fait.
Dès que ses intérêts sont en jeu, il montre les dents, devient menaçant et harceleur. A la différence du «Dictateur», ses excès de colère sont maîtrisés et placés stratégiquement. Ses menaces et son harcèlement tournent toujours autour des intérêts des autres. Le terrain administratif est son lieu de chasse favori : rapports ou demandes de rapports, sanctions disciplinaires, sanctions déguisées, rappels au service inutiles, gestion hasardeuse des congés, erreurs et boulettes de gestion administrative en votre défaveur... Il vous fait comprendre que si vous ne servez pas ses intérêts, il nuira aux vôtres. S’il se bat pour lui-même, l'opportuniste a saisi tout l’intérêt de travailler en meute. Il essaiera de se créer un réseau d’influence. Son degré d’action dépend donc de son avidité, mais aussi du pouvoir qu’il pense détenir en fonction de ses contacts haut-placés. Il n’a aucun scrupule à mettre les autres en danger dans ses projets. Si ça tourne mal, ne comptez pas sur lui pour vous sortir d’un mauvais pas, même si c’est lui qui vous y a mis. Il y a une différence entre occuper un travail et occuper un poste. L'opportuniste occupe des postes, et analyse en quoi ils peuvent lui profiter. Son avidité et sa cupidité le poussent à agir en dépit du bon sens. Il ne se soucie pas de faire les choses correctement ; il se soucie de ne pas faire de vagues, pour avancer toujours plus dans sa carrière. 

 

L'arrogant:


Les arrogants ne sont pas tous des harceleurs. Ils le deviennent quand il se mettent à attaquer les autres. Il est très amoureux de sa personne et éprouve un besoin malsain de briller devant les autres.  Il vit avec un sentiment de supériorité écrasante. L’homme qui valait 5 milliards ? Pffff. Lui en vaut cent fois plus, au bas mot. Il a tout vu, tout fait, c’est le meilleur en tout, il est expert en tout. Il aime être tout en haut : c’est la raison pour laquelle il rabaisse ceux qui pourraient lui faire de l’ombre. Il peut se la jouer en subtilité ou en force. En subtilité, il va tout faire pour être au centre de l’attention. Avec sa bonne tchatche, sa confiance affichée et sa personalité «cool», ce n’est qu’une formalité. Une fois qu’il s’est imposé de cette manière, il va se mettre à blaguer. C’est là que tout dérape. Les blagues deviennent rapidement insultantes. Pour rabaisser une femme, une vanne sur le sexe. Un collègue d’origine étrangère ? Rien ne vaut une blague bien raciste. Il vous rappelle que vous avez pris du ventre et pointe du doigt tous vos défauts réels ou supposés avec «humour». Plus il y a de public, mieux c’est. S’il décide de la jouer en force, les attaques sont encore plus violentes. Sa vraie personnalité s’affiche alors sans masque : puisque son entourage lui est inférieur, il traite tout le monde avec dédain. Tout devient démesuré. Si vous lui demandez une simple explication, il va vous ridiculiser avec condescendance. S’il s’abaisse à partager son savoir immense, il vous le fera payer en vous parlant comme à un enfant demeuré. Il ne s’embête pas à frapper à la porte avant d’entrer. Il prend tout ce qui lui passe par la main : stylos, nourriture... Comme si tout était posé là en offrande à sa personne. Même poser un dossier sur un bureau devient tout un sketch avec lui : il préfère le jeter depuis le couloir. Sa nocivité L’arrogant harceleur n’a pas de limites. 


La guigne:

 

Les harceleurs ne sont pas forcément des agressifs ou des fourbes. La guigne n’est ni l’un ni l’autre. Elle n’en est pas moins nocive. Certaines personnes peuvent traverser des périodes difficiles, et ressentent le besoin d’en parler. Le devoir moral de leur entourage, même professionnel, est de les écouter. La guigne ne correspond pas à cette situation ; elle a tout le temps des «problèmes». Elles ne recherche pas véritablement de solutions et n’en demande pas. La guigne est le symbole de la négation. Véritable trou noir, elle absorbe toute motivation, joie, créativité, et ne laisse qu’un néant aride. La guigne peut passer son temps à se plaindre ou à critiquer. Tout est sujet à plainte : sa santé, ses fonctions, sa vie personnelle... la liste est infinie ! Si la guigne est critique, son entourage professionnel est systématiquement passé à la moulinette. 

 

                                                                                                                                                                                                                                                      B.Mansouri
 

Quelques notions sur l’alternance en formation initiale

Quelques notions sur l’alternance en formation initiale

  Descriptif : Cet article présente l'originalité de la pédagogie de l'alternance dans les
formations professionnelles initiales par Laurence Guillet

L’alternance est « une succession répétée, dans l’espace ou dans le temps, qui fait réapparaître tour à tour, dans un ordre régulier, les éléments d’une série . » [1]

Véritable moyen d’apprentissage professionnel, l’alternance offre la possibilité à l’apprenant d’occuper une place centrale. Dans cette juxtaposition de fréquences théoriques et professionnelles, elle lui permet de mettre son savoir au profit de son savoir faire et inversement. L’alternance est au service de la construction des compétences professionnelles, ce fait est indéniable. Elle trouve sa richesse dans le large éventail de protagonistes : étudiants, formateurs, professionnels de divers horizons, différents lieux de stage.

Dans la littérature, l’alternance revêt des atouts différents. Selon F.RAYNAL et A. RIEUNIER, elle est d’abord définie comme « un dispositif de planification de la formation basé sur un principe d’interactions entre des situations de formation et des situations de production » [2] , en lui reconnaissant une utilisation prédominante dans les formations professionnelles. Cités par ces mêmes auteurs, GROOTAERS, ANTOINE et TILMAN distinguent quatre variantes de l’alternance. Des notions similaires sont d’ailleurs évoquées par d’autres comme G. MALGLAIVE ou P.BACHELARD.

- L’ alternance fusion : La théorie et la pratique ont lieu sur le même site. Elle est exclue du champ qui nous intéresse.

- L’alternance juxtapositive : Encore appelée fausse alternance par MALGLAIVE [3], elle fait cohabiter deux lieux de formation (école et lieu de production), donc deux systèmes d’informations distincts sans liens pédagogiques. Il y a bien juxtaposition dans le temps et dans la teneur des messages.

- L’alternance associative ou alternance approchée selon G. MALGLAIVE , fait que les partenaires de formation école et lieu de stage orientent la formation vers un même objectif, qui concoure à définir les mêmes vertus qualifiantes au système. Ce qui pose la question de la réelle implication de l’apprenant, le projet étant avant tout institutionnel.

- L’alternance articulation, celle que G. MALGLAIVE nomme alternance réelle ou intégrative, où les liens entre les lieux de formation sont assurés par l’utilisation des expériences mutuelles dans l’un et l’autre des lieux. Cette structure ainsi formalisée permet des interactions entre savoirs théoriques et savoirs pratiques, que l’apprenant s’approprie, construit et transforme en compétences professionnelles. P. BACHELARD [4]écrit qu’elle implique « réellement l’apprenant (…) en liant l’action et la réflexion sur le pourquoi et le comment ». F. RAYNAL et A. RIEUNIER disent d’elle qu’elle est « la vraie » ! situations de formation (SF) et situations de production (SP) sont organisées au sein d’une programmation précise. Les liaisons sont plus que formelles, elles sont systématisées. Les expériences faites en SP sont examinées en SF et inversement. Le lien est structurel. » [5]

Pour qu’elle soit efficiente, l’alternance doit à terme permettre le développement de compétences. Par elle, l’enseignement mené à l’IFSI et les activités professionnelles réalisées sur les lieux de stage prennent du sens. Des liens sont tissés entre ces deux entités structurelles et permettent l’élargissement des connaissances. Ces connaissances transférables en situations professionnelles construisent les compétences professionnelles.

La mise en lien de deux structures aux orientations différentes, l’institut, lieu d’acquisition des connaissances et le lieu de travail évoluant dans une logique de production mais également d’acquisition de connaissances, impose une finesse d’organisation de la formation.

L’alternance situe toujours l’apprenant au centre de cette interface avec pour seule optique son apprentissage et le développement de ses compétences. Mais dans la réalité les choix de l’alternance ne sont pas si évidents. Les contraintes liées aux effectifs dont le nombre est croissant ces dernières années, à l’orientation des modules dans le projet pédagogique, aux lieux de stage, font que l’alternance doit s’adapter aux nécessités du moment. Dans certains IFSI, elle tend plus vers l’alternance associative. En fait, les limites de l’alternance associative et de l’alternance intégrative ne sont pas si franches.

Le seul fait de l’utilisation d’une pédagogie par alternance induit la notion de guidance, donc la mise en place d’un suivi pédagogique. Les textes officiels, d’ailleurs, le mentionnent. En effet, la multiplicité des lieux d’apprentissage nécessite une mise en lien des savoirs et des capacités pour que l’étudiant puisse se les approprier et que se dessinent au fil de sa formation les prémisses d’une longue carrière.

L’alternance est la réponse pédagogique la mieux adaptée à la formation initiale des infirmiers. Les inter relations entre les professionnels qui gravitent autour de l’étudiant sur les lieux de stage et à l’IFSI majorent les moyens mis à la disposition du développement les connaissances et les capacités et des compétences. Comme le dit Philippe MEIRIEU [6] : « Il n’est de bonne pédagogie que dans l’éclectisme méthodologique » Ces deux composantes, multiplicité des moyens d’apprendre et suivi pédagogique sont l’essence même des compétences.

L'évaluation selon la pédagogie de l'intégration-Est-il possible d'évaluer les compétences des élèves ?

L'évaluation selon la pédagogie de l'intégration - Est-il possible d'évaluer les compétences des élèves ?

La refonte de la pédagogie en Algérie – Défis et enjeux d'une société en mutation, Alger : UNESCO-ONPS, pp. 107-124 / ROEGIERS, X. / 2005

Introduction

Depuis plusieurs années déjà, le système éducatif algérien est engagé dans des changements profonds pour accroître son efficacité et répondre aux défis de la société d'aujourd'hui. Deux grands chantiers ont essentiellement été lancés : celui des programmes scolaires, récemment reformulés sous la forme de compétences, et celui des manuels scolaires, véritable clé de voûte de la généralisation de toute réforme dans un pays tellement vaste et diversifié.
Depuis deux ans, et en particulier à l'occasion du développement du projet PARE, appuyé par le BIE / UNESCO, une évidence a surgi : peut-on raisonnablement modifier les manuels scolaires, peut-on s'engager dans une réforme des programmes si, dans le même temps — voire même préalablement — on ne mène pas une réflexion sur l'évaluation des acquis des élèves ? Si les programmes et les manuels scolaires mettent en avant le développement des compétences des élèves, il paraît logique et raisonnable d'évaluer ces derniers sur les compétences acquises. Mais peut-on évaluer leurs compétences ? Comment évaluer leurs compétences ?
Ces questions étaient encore impertinentes il y a 5 ou 10 ans, tant tout le monde était persuadé qu'il ne pourrait jamais exister qu'une seule façon d'évaluer les élèves : leur poser une série de questions sur chaque matière. Le défi de trouver et de mettre en oeuvre une manière plus adaptée d'évaluer les élèves est aujourd'hui en Algérie, à l'instar de plusieurs autres pays dans le monde, d'une actualité qui peut en surprendre plus d'un.

1    Peut-on changer de système d'évaluation à l'école ?

Pour introduire la problématique de l'évaluation des compétences des élèves, partons d'une petite étude de cas. Lors une épreuve d'évaluation, on soumet à quatre élèves un dialogue à compléter. Les répliques d'un des deux interlocuteurs sont données, celles de l'autre sont à compléter par les élèves, à un endroit marqué par des pointillés. Quatre élèves ont effectué les productions suivantes :

  • le premier a répondu en un français correct, sans faute d'orthographe, mais sa production ne respecte pas les répliques données ;
  • le deuxième fournit une réponse adéquate aux phrases du dialogue, des phrases bien structurées, mais avec une foule de fautes d'orthographe ;
  • le troisième a également une réponse adéquate aux répliques données, sans aucune faute d'orthographe, mais les phrases ne sont pas bien formées ;
  • le quatrième n'écrit pas les répliques à l'endroit des pointillés ; en revanche, il produit un texte dans lequel, en langage indirect, il reconstitue tout le dialogue dans un français impeccable.

Lorsqu'on interroge les enseignants sur la note qu'ils attribueraient à ces quatre élèves, c'est pour le quatrième élève que les notes varient le plus — entre 0 et 10 sur dix, ce qui est témoin d'un malaise —,  mais c'est également pour celui-là que les notes sont globalement les plus faibles. Or, quand on leur demande auquel de ces quatre élèves ils confieraient des tâches qui requièrent la maîtrise de la langue, c'est le quatrième que tous désignent. C'est donc au plus compétent en langue qu'ils attribuent le moins de points. Ceci illustre le fossé qui existe entre l'école et la société, avec ses attentes : lorsqu'ils évaluent, les enseignants accordent plus d'importance à des aspects scolaires de la production (l'élève a-t-il exécuté ce qui lui est demandé), qu'à la compétence de l'élève. Ce n'est pas naturel pour eux d'évaluer les compétences des élèves.

1.1    Le fléau des réussites et des échecs abusifs

Les conséquences de ces pratiques sont désastreuses. On pourrait les examiner à plusieurs niveaux, comme le niveau de l'élève, et le sentiment d'injustice vécu par lui. Mais attardons-nous ici sur deux conséquences importantes, à l'échelle d'un système éducatif.
Il existe une première conséquence, à court terme : celle de provoquer des réussites et des échecs abusifs. Autrement dit, des élèves scolaires, mais non compétents sont déclarés aptes à passer dans le niveau supérieur : ce sont des réussites abusives. En revanche, des élèves compétents, mais moins scolaires,  sont déclarés inaptes à passer dans le niveau supérieur. Ils redoublent, alors qu'ils possèdent les acquis nécessaires pour continuer leur scolarité ; ce sont des échecs abusifs. Réussites et échecs abusifs constituent un véritable fléau pour un système éducatif. Il s'agit là d'un cocktail efficace pour faire exploser l'hétérogénéité des classes, hétérogénéité qui est un des facteurs majeurs qui entravent le travail de l'enseignant. C'est ainsi que l'école génère elle-même les maux dont elle se plaint par ailleurs.
Une autre conséquence, à long terme, est ce qu'on appelle l'analphabétisme fonctionnel : des élèves, qui ont suivi une scolarité de 6 années, 7 années, 8 années, voire davantage, quittent l'école et, quand ils se retrouvent dans la vie de tous les jours, sont incapables de réagir correctement à une situation quotidienne, c'est-à-dire qu'ils sont incapables d'utiliser ce qu'ils ont appris à l'école.

1.2    La pédagogie de l'intégration et l'évaluation des compétences

L'approche par les compétences vise à remédier à ce déficit, lourd de conséquences pour la société toute entière. Comment ? En soumettant de manière régulière à l'élève des situations complexes, dans lesquelles il a l'occasion de mobiliser les savoirs, les savoir-faire, les savoir-être qu'il a appris à l'école. En procédant de la sorte, on estime que, tout comme c'est en forgeant qu'on devient forgeron, c'est en résolvant des situations complexes que l'on devient compétent.
Cela fonctionne assez bien sur le plan des apprentissages, à condition que le dispositif pédagogique de l'enseignant permette aux élèves de travailler en tout petits groupes à certains moment, mais seuls aussi à d'autres moments, parce que c'est seuls qu'ils devront devenir compétents.
Sur le plan de l'évaluation se pose une question importante : peut-on évaluer la compétence de l'élève ? Il était facile de leur soumettre une liste de questions sur des savoirs (restitution) et sur des savoir-faire (applications), mais évaluer leur compétence réelle, est-ce possible ?
La réponse est oui, à certaines conditions.

  • Tout d'abord, les compétences doivent être rédigées de manière à pouvoir être évaluées. Par exemple, formuler une compétence sous la forme « respecter son environnement » ne prête pas à l'évaluation, sauf si l'enseignant, se transformant en une mouche par un coup de baguette magique, pouvait suivre le moindre acte de chaque élève, en situation naturelle. L'école ne peut malheureusement pas se le permettre, sauf peut-être si les classes ont des effectifs très réduits (une dizaine ou une quinzaine d'élèves). Si on veut évaluer cette compétence, il est nécessaire de la formuler de manière plus restrictive, moins riche sans doute, mais plus concrète, plus réaliste, comme par exemple « une situation-problème relative au respect de l'environnement étant donnée, analyser les causes, et proposer des solutions pour y remédier, en faisant appel aux notions étudiées au cours ».  Une formulation à la fois complexe (l'élève doit traiter la complexité, sans la réduire), et concrète, donc évaluable.
  • Ensuite, le nombre de compétences doit être limité : 2 ou 3 par discipline et par année constitue un maximum. Augmenter ce nombre présente un travers majeur : on risque de réduire la complexité, en découpant davantage les choses, et d'évaluer plus un savoir-faire limité qu'une compétence.
  • Les épreuves d'évaluation doivent elles-mêmes être constituées de situations complexes qui sont le témoin de la compétence que l'on a définie. Trop souvent, des pratiques dites innovantes, basées sur des méthodes actives, débouchent sur des évaluations traditionnelles, parce que l'enseignant ne sait pas comment faire autrement. Le bénéfice est réduit, quand on sait que les élèves et les enseignants adaptent en grande partie leurs comportements en fonction du type  d'évaluation.
    Bien sûr, les situations présentées à l'élève ne sont pas des situations naturelles, des situations vécues, mais des situations qui se rapprochent de situations réelles, comme par exemple une situation complexe qui repose sur quelques documents inédits (photos, illustrations, textes...) que l'élève doit traiter.
  • Enfin, les épreuves d'évaluation doivent être rédigées de manière telle que l'évaluation que l'on fait des compétences des élèves soit une évaluation juste. Par exemple, si l'on ne proposait à l'élève qu'une seule occasion de vérifier sa maîtrise, on ne pourrait pas tirer des conclusions valables sur son degré de maîtrise de la compétence.

Ce sont les principes sur lesquels reposent la pédagogie de l'intégration, ou encore l'approche par les compétences de base  (Roegiers 2000, 2e édition 2001).

2    Le critère, pierre angulaire de l'évaluation des compétences

Qui dit situation complexe dit production de la part de l'élève : la solution à un problème, une création originale de sa part, des propositions qu'il émet etc. Cette production complexe doit être appréciée à travers un ensemble de points de vue : c'est là le rôle des critères, souvent appelés critères de correction.

2.1    La notion de critère

Un critère de correction est une qualité que doit respecter la production d'un élève : une production précise, une production cohérente, une production originale, etc.
Un critère est donc un point de vue selon lequel on se place pour apprécier une production. C'est un peu comme une paire de lunettes que l'on mettrait pour examiner une production : si on veut évaluer une production à travers plusieurs critères, on change chaque fois de paire de lunettes. Les différentes paires de lunettes sont choisies de manière à ce que le regard soit le plus complet possible. Si un élève exécute une performance sportive collective, on peut par exemple examiner cette performance sportive selon plusieurs points de vue : l'esprit d'équipe, la dextérité, l'élégance, le respect des règles, etc. Ce sont autant de paires de lunettes que l'on met.

2.2    Critère minimal et critère de perfectionnement

Pour comprendre le fonctionnement d'une évaluation des compétences, il est nécessaire de distinguer ce qu'est un critère minimal et un critère de perfectionnement.
Un critère minimal est un critère qui fait partie intégrante de la compétence, un critère requis pour déclarer l'élève compétent. Un critère de perfectionnement est un critère qui ne conditionne pas la maîtrise de la compétence. Par exemple, pour dire de façon minimale qu'une personne est compétente pour nager en piscine, il existe deux critères minimaux : un critère de mobilité (il faut se déplacer) et un critère d'équilibre (il ne faut pas couler). D'autres critères peuvent entrer en ligne de compte, mais ils sont moins importants : le critère de rapidité, d'élégance, de variété (des nages), etc. Ce sont des critères de perfectionnement.
Une tendance fréquente est celle de l'inflation du nombre de critères : comme on estime que tout est important, on gonfle la liste des critères. Or, il faut aussi éviter d'avoir trop de critères minimaux, parce qu'on risque d'être trop sévère. Pour déterminer si un critère est minimal, il faut se poser la question : " un élève qui échoue à ce critère, peut-il néanmoins être déclaré compétent ? ". Par exemple, un élève qui effectue une production excellente en histoire, mais qui fait plusieurs fautes d'orthographe, mérite certes de ne pas avoir le maximum, mais mérite-t-il d'échouer dans la compétence ?
Nous verrons plus loin qu'il existe d'autres raisons de limiter le nombre de critères de correction.

2.3    A partir de quand peut-on dire qu'un critère est maîtrisé ?

La maîtrise d'un critère, entre la photo souvenir et le mythe de l'élève parfait
La question de la maîtrise d'un critère est un point important, et délicat. Doit-on exiger qu'un critère soit vérifié une seule fois pour que sa maîtrise par l'élève soit actée ? On tomberait alors dans le travers de guetter la moindre occasion de voir l'élève maîtriser le critère, que l'on immortaliserait comme une photo souvenir, sans oser vérifier si la performance est due à un état de grâce passager, au hasard des circonstances, à un effet d'osmose, ou au contraire si elle s'installe dans le temps.
A l'inverse, pour qu'un critère soit déclaré atteint, l'élève doit-il en manifester la maîtrise à chaque occasion ? On tomberait alors dans le mythe de l'élève parfait, qui veut qu'un élève soit déclaré compétent lorsqu'il ne commet plus aucune erreur.  Or, compétence n'est pas perfection. « Même le plus compétent commet des erreurs », dit-on. Quel est le grand joueur de football qui n'a jamais raté un penalty ? Quel est le grand cuisinier qui n'a jamais raté un plat ? L'école aurait-elle à ce point perdu la tête qu'elle ne permettrait pas à un élève en apprentissage ce qui est permis au plus grand spécialiste ?

Une formalisation souvent utile

Apprécier si un élève maîtrise un critère est une chose délicate. Il est des cas où point n'est besoin de formaliser : la connaissance qu'a l'enseignant de ses élèves suffit, grâce à l'expérience et/ou l'expertise acquise. Mais dans la plupart des  cas, il est utile de formaliser les choses. La règle des 2/3, proposée par De Ketele (1996), et validée empiriquement, donne des réponses intéressantes à cette question.
La règle des 2/3 dit ceci : pour déclarer un élève compétent, chaque critère minimal doit être respecté. Et pour qu'un critère minimal soit déclaré comme respecté, il faut que, sur trois occasions indépendantes de vérifier le critère, l'élève atteste sa maîtrise dans deux occasions sur trois. Pour l'élaborateur d'épreuves d'évaluation, cela signifie qu'il doit fournir à l'élève trois occasions de vérifier chaque critère : trois situations-problèmes à résoudre en mathématiques (ou une situation unique, avec trois consignes indépendantes), trois phrases à produire en langue pour un élève débutant, etc.

Quels poids accorder aux critères de perfectionnement ?

Dans une optique de maîtrise des compétences, il est normal que le poids accordé aux critères de perfectionnement soit limité. En effet, un enjeu majeur est d'éviter les échecs abusifs. Pour cela, il faut garantir que les échecs soient dus à la non-maîtrise des critères minimaux — ceux qui traduisent véritablement la compétence —, et non à celle des critères de perfectionnement. De même, si on veut éviter les réussites abusives, il s'agit d'éviter qu'un élève puisse réussir grâce à sa maîtrise des critères de perfectionnement.
La « règle des 3/4 », introduite par De Ketele (1996) propose à ce sujet un garde-fou intéressant. Selon cette règle, les critères de perfectionnement ne devraient pas avoir un poids supérieur à un quart du total des points.

2.4    L'indépendance des critères entre eux

Une des qualités principales des critères est d'être indépendants les uns des autres. Par exemple, la pertinence de la production permettra de déterminer si l'élève a répondu à ce qui était demandé, tandis que la cohérence de la production déterminera si ce qu'il écrit se tient, même s'il ne répond pas à ce qui est demandé.
Cette indépendance est importante pour éviter de pénaliser deux fois un élève qui commet une erreur. Par exemple, un élève qui s'est trompé dans un calcul ne devrait être pénalisé que pour le critère " utilisation correcte des outils mathématiques ", et non pour les autres critères (interprétation correcte du problème, précision,...).
Pour cette raison, il est bon d'éviter, dans les disciplines scientifiques, le critère « Réponse correcte », car c'est un critère qui englobe tous les autres critères : un élève qui fait une seule erreur est de toutes les façons sanctionné à ce critère, de même qu'il le sera probablement dans un des autres critères. Ce critère est un critère « absorbant ». La seule utilisation que l'on pourrait en faire serait d'examiner tout d'abord si la réponse de l'élève est correcte. Dans l'affirmative, on attribue la note maximale à l'élève , dans la négative, on regarde l'ensemble des critères, ce qui fait gagner à l'enseignant du temps dans la correction.

2.5    L'intérêt d'une correction critériée

Le recours aux critères présente trois avantages majeurs dans l'évaluation (Roegiers, 2004).

1. Des notes plus justes

Tout d'abord, il permet de rendre les notes plus justes que dans l'approche traditionnelle, dans la mesure où le recours aux critères limite les échecs abusifs, et les réussites abusives.  Autrement dit, il permet de faire réussir une plus grande proportion d'élèves qui ont les acquis pour réussir, et de faire échouer une plus grande proportion de ceux qui doivent échouer, parce qu'ils ne possèdent pas les acquis qui leur permettent de passer d'une classe à l'autre.

2. La valorisation des points positifs

Ensuite, le recours aux critères permet en général de valoriser les éléments positifs dans les productions des élèves.  Le sens étymologique du terme « évaluation » n'est-il pas « ex-valuere », ce qui signifie « faire ressortir la valeur de » ?

3. Une meilleure identification des élèves à risque

Enfin, le recours aux critères permet d'identifier beaucoup mieux les élèves à risque, c'est-à-dire les élèves à qui il faut peu de chose pour basculer au-dessus ou en dessous du seuil de réussite, comme en témoigne une recherche récente menée en Tunisie , ou encore les recherches menées par Jadoulle & Bouhon (2001). En effet, il permet de diagnostiquer de façon plus efficace les difficultés rencontrées par les élèves, et l'identification d'un critère déficient donne des pistes pour la remédiation. Dans l'approche traditionnelle, de par le jeu de l'échantillonnage de savoirs et d'objectifs spécifiques qui sont évalués, le fait qu'un élève échouait à quelques savoirs ou quelques objectifs spécifiques ne donnait pas la garantie que, si on remédie aux faiblesses, l'élève possède les acquis nécessaires pour passer d'un niveau à un autre.

2.6    Le nombre optimal de critères

Si le recours aux critères n'est plus contesté dans le monde des sciences de l'éducation, son utilisation est parfois galvaudée. En particulier, on aurait spontanément tendance à multiplier le nombre de critères pour apprécier de façon la plus fine possible une production donnée. La pratique montre le contraire : un petit nombre de critères permet souvent d'arriver à une note plus juste.
Trois raisons essentielles justifient le fait de limiter le nombre de critères (Roegiers, 2004).

1. L'effort de correction

La première raison est liée à l'effort de correction. Plus un système prône la multiplication du nombre de critères, et plus il court le risque que ces critères ne soient pas utilisés du tout par les enseignants, pour une raison de temps de correction.

2. La prise en compte des critères pendant les apprentissages

La deuxième raison tient au potentiel des enseignants et des élèves à prendre en compte de façon spontanée les critères dans les apprentissages. Tout comme ils peuvent assez facilement avoir en tête deux ou trois compétences à développer chez les élèves, les enseignants peuvent assez facilement s'approprier un petit nombre de critères, et les mobiliser de façon spontanée, non seulement au moment de la correction, mais au cours des apprentissages. Si leur nombre augmente, ces critères perdent de facto leur statut de point de repère. Il en va de même des élèves qui peuvent être attentifs à deux ou trois critères lorsqu'ils effectuent une production, mais qui, lorsqu'ils ont un grand nombre de critères à prendre en compte, peuvent plus difficilement cibler leur effort.

3. Le risque de dépendance des critères entre eux

La troisième raison, plus technique, est liée au risque de dépendance. Plus le nombre de critères est élevé, plus on a des chances de trouver des critères qui ne sont pas indépendants l'un de l'autre : en augmentant le nombre de critères, on multiplie les chances qu'une erreur de l'élève soit sanctionnée deux, voire trois fois.

2.7    Faut-il communiquer les critères aux élèves ?

Les pédagogues ont déjà répondu depuis longtemps à la question de savoir s'il faut communiquer les critères aux élèves.  La réponse est positive, bien entendu, sans aucune restriction.
Cette pratique a en effet plusieurs conséquences positives.
Tout d'abord, les résultats de recherche (Bonniol, 1985 ; Jadoulle & Bouhon, 2001) ont montré qu'un élève qui connaît les critères d'évaluation effectue des meilleures performances à l'examen, parce qu'il sait comment orienter son effort dans la préparation de l'examen.
Ensuite, il s'agit là d'un levier gigantesque pour l'autonomie de l'élève, dans la mesure où cette liste des critères constitue une base pour des grilles d'autoévaluation, qu'il peut d'ailleurs construire lui-même. Ces outils sont des supports privilégiés pour l'autoévaluation, qui elle-même déclenche des démarches métacognitives chez l'élève. Les travaux sur l'autoévaluation et la métacognition (Grangeat, 1998 ; Noël, 2001 ; Allal, 2001) mettent en évidence l'apport de ces types de pratiques dans la régulation des apprentissages.

2.8    Existe-t-il une liste générique de critères pour toutes les disciplines ?

La réponse à cette question est malheureusement négative : il n'existe pas une liste de critères, si bien faite soit-elle, qui corresponde à l'ensemble des niveaux d'enseignement et des disciplines, tant les besoins de ces niveaux sont différents, mais surtout tant les exigences des disciplines sont spécifiques. Entre les disciplines outils et les autres disciplines, entre les disciplines littéraires et les disciplines scientifiques, entre les disciplines artistiques et les disciplines cognitives, il y a des exigences tellement variées qu'il nous semble vain de vouloir tout embrasser.
Il est vrai que certains critères minimaux reviennent souvent. Ce sont les critères suivants :

  • la pertinence de la production : la production correspond-elle aux supports donnés ? aux consignes ?
  • l'utilisation correcte des outils de la discipline ; l'élève utilise-t-il convenablement les concepts, les savoir-faire de la discipline ?
  • la cohérence interne de la production : la production est-elle bien agencée ? vraisemblable ? complète ?

Toutefois, leur traduction dans chaque discipline, voire même dans chaque compétence de base, est spécifique.

3    L'élaboration d'une épreuve d'évaluation

3.1    Les qualités d'une épreuve d'évaluation à travers une situation complexe

Dans une optique d'évaluation des compétences de l'élève, on appelle « épreuve d'évaluation » une ou plusieurs situations d'intégration — des situations complexes — à travers lesquelles l'élève démontre sa compétence.
Ces situations répondent à plusieurs conditions, les trois principales étant les suivantes (Roegiers, 2003) :

  • correspondre à la compétence à évaluer ;
  • être significatives pour l'élève, c'est-à-dire lui parler, lui donner l'envie de se mettre au travail ;
  • véhiculer des valeurs positives ; en effet, comme elles sont des fenêtres ouvertes sur la vie quotidienne de l'élève, elles doivent intégrer les valeurs sur lesquelles repose le système éducatif : citoyenneté, respect de l'environnement etc.

3.2    Les étapes de l'élaboration d'une épreuve d'évaluation

   
    On peut résumer par les étapes suivantes la démarche de construction d'une situation à des fins d'évaluation :

  • préciser la compétence à évaluer ;
  • construire une ou deux situations nouvelles correspondant à la compétence ;
  • veiller à ce que chaque critère puisse être vérifié à plusieurs reprises, de façon indépendante (au moins trois fois, selon la règle des 2/3) ;
  • rédiger soigneusement les supports et les consignes pour que la tâche à exécuter apparaisse clairement à l'élève ;
  • préciser les indicateurs que l'enseignant relèvera lorsqu'il corrigera la copie ;
  • rédiger la grille de correction.

3.3    Quelques questions pour guider les choix

Voici quelques questions qui sont habituellement posées lorsqu'il s'agit de construire une épreuve d'évaluation.

Choisir une ou deux ou trois situations ?

Nous avons vu que, l'important, c'est que chaque critère puisse être évalué à plusieurs reprises, de façon indépendante. Trois occasions apparaissent comme un point de repère intéressant. Dans certains cas, une situation unique suffit pour que chaque critère puisse être évalué à trois reprises différentes. Dans d'autres cas, il faudra recourir à deux, voire à trois situations pour permettre d'évaluer chaque critère à trois reprises au moins.

Travailler sur une consigne unique, ou la détailler en plusieurs consignes, ou en plusieurs questions ?

Une consigne unique garantit que l'on a le niveau de complexité requis. On ne réduit pas cette complexité. L'inconvénient majeur est qu'une consigne unique peut provoquer du « tout ou rien », et handicaper les élèves qui pourraient exécuter une partie de la tâche seulement.
Les avantages d'un ensemble de questions est de répondre à cet inconvénient, en multipliant les chances pour l'élève de pouvoir effectuer des productions indépendantes, c'est-à-dire qui ne soient pas liées à des réponses ou à des productions antérieures. Il faut toutefois que chaque question garde toujours un niveau de complexité suffisant : décomposer une question complexe en plusieurs questions revient à évaluer une suite de savoir-faire. Un autre avantage est de pouvoir orienter ces questions d'une manière telle que chaque question soit davantage orientée vers un critère particulier, ce qui facilite la correction.

Est-il bon de garder les mêmes types de consignes que les situations travaillées antérieurement ?

Dans les petites classes, introduire une nouvelle consigne est une chose compliquée, et on peut reprendre la même consigne. L'important est que le contexte de la situation, ainsi que la production attendue, soient entièrement nouveaux.

Est-il intéressant de travailler sur des documents connus, sur des supports connus ?

La réponse générale est non. La raison est que, si l'on cherche à élaborer une situation nouvelle, le fait de travailler à partir d'un support connu va inciter l'élève à de la restitution, ou induire chez lui qu'on pourrait accepter qu'il restitue des savoirs.

4    La correction des copies

4.1    Des indicateurs pour opérationnaliser les critères

Définir des critères ne suffit pas pour fournir la garantie que deux copies d'élèves soient corrigées de la même façon. Prenons par exemple un critère comme « correction syntaxique de la production », ce critère étant noté sur 5 points. Comment apprécier ce critère pour un élève a produit 10 phrases, et dont 4 phrases sont mal construites ? Si on ne précise pas le critère, un enseignant peut donner à l'élève 1 point sur 5, argumentant qu'il retire un point par phrase mal construire. Un autre peut par contre lui donner 3 points sur 5, argumentant que trois cinquièmes des phrases sont bien construites.
C'est le rôle des indicateurs.
Un indicateur est un signe concret, un indice précis que l'on recueille, pour se prononcer sur la maîtrise d'un critère par l'élèves. Les indicateurs sont de l'ordre de l'observable en situation, et ont une valence positive ou négative. Ils précisent un critère, ils permettent d'opérationnaliser un critère.
   
On peut distinguer deux types d'indicateurs.

  • Un indicateur peut être qualitatif, quand il  précise une facette du critère. Il reflète alors soit la présence / l'absence d'un élément, soit un degré d'une qualité donnée.
    Par exemple, le critère « correction syntaxique d'une production » peut être opérationnalisé de manière qualitative par les indicateurs suivants : présence d'un verbe dans une phrase, agencement correct des mots dans la phrase, utilisation correcte des substituts...
    Utilisé dans une optique descriptive, un indicateur qualitatif est intéressant dans la mesure où il aide à repérer les sources d'erreur, et à y remédier.
  • Un indicateur peut être également quantitatif, quand il fournit des précisions sur des seuils de réussite du critère. Il s'exprime alors par un nombre, un pourcentage, une grandeur.
    Par exemple, le critère « correction syntaxique d'une production » peut être opérationnalisé de manière quantitative par des indicateurs du type « l'élève obtient 2 points sur 3 lorsque deux tiers des phrases sont construites correctement ».

Cette utilisation de l'indicateur est plus simple, mais elle est moins descriptive, et dès lors moins formative, c'est-à-dire qu'elle aide moins à la remédiation.

4.2    Le recours à une grille de correction

Une grille de correction est un outil d'appréciation d'un critère à travers des indicateurs précis. En termes stratégiques, la grille de correction répond à un souci de standardisation de la correction.  En termes pédagogiques, elle constitue un outil d'aide à la correction des productions des élèves, utilisé essentiellement dans deux buts :

  • garantir un maximum d'objectivité dans la correction, permettre un accord intercorrecteurs le plus élevé possible, grâce aux indicateurs ; en effet, un correcteur est souvent influencé par une erreur, en rapport avec un critère, qui contamine tout le reste de la correction ; l'exemple le plus frappant est donné par ces corrections en mathématiques pour lesquelles on attribue zéro d'office à l'élève si la première partie de la réponse est erronée ;
  • procurer un appui aux enseignants débutants, ou à ceux qui veulent (doivent) changer leurs pratiques d'évaluation : la grille est en quelque sorte un outil de formation. Il ne s'agit pas de déresponsabiliser l'enseignant par rapport à la correction qu'il mène, mais de lui fournir des outils pour l'amener à changer son regard sur la production de l'élève.

Des indicateurs formulés de façon rigoureuse

Un critère peut être opérationnalisé par plusieurs indicateurs qui se complètent, et qui donnent un tableau assez complet de la maîtrise du critère. Dans la pratique, on limite souvent le nombre d'indicateurs pour ne pas alourdir le travail de l'enseignant.
Dans ce dernier cas, il faut être particulièrement rigoureux dans la formulation de l'indicateur. Il faut notamment que cette formulation ne couvre pas deux critères différents. L'enjeu est le même que celui de l'indépendance des critères : comment garantir que l'élève ne soit pénalisé deux fois pour une erreur qu'il a commise ?

Des indicateurs formulés de façon concrète, précise et simple

Il s'agit ensuite de les exprimer de façon concrète, précise et simple. L'enjeu est que le correcteur puisse associer de façon rapide et fiable la réponse de l'élève à un nombre de points le plus juste possible.

Conclusion

Le recours aux situations complexes est sans doute la seule voie qui peut assurer que l'école évalue des compétences de l'élève, et non des savoirs ou des savoir-faire isolés. Ce recours à des situations complexes dans l'évaluation garantit que les élèves qui passent d'un niveau à l'autre possèdent des bases solides pour poursuivre leur scolarité. A plus long terme, il garantit que l'école arrête de produire des analphabètes fonctionnels. L'enjeu du changement de système d'évaluation n'est donc pas seulement un enjeu technique de changement de dispositif, mais aussi et surtout un enjeu social, auquel l'Algérie est tellement attachée dans ses valeurs les plus profondes.
Toutefois, il y a un prix à payer : un changement de pratiques d'enseignement, et un changement de pratiques d'évaluation, qui impliquent que l'enseignant accepte de porter sur une production de l'élève regard pluriel, à travers des critères de correction. Cela implique également que, en tout cas pour l'évaluateur débutant, il construise des outils de correction précis, à savoir une grille de correction constituée d'indicateurs observables.
Pour le système algérien et pour tout système éducatif qui veut évoluer dans ce sens, le défi est de trouver un équilibre entre un dispositif d'évaluation suffisamment significatif et pertinent, mais aussi suffisamment simple pour ne pas décourager l'enseignant. Comme dans toute innovation, pour qu'elle réussisse, il faut être à la fois exigeant et modeste.  Exigeant dans les visées à long terme, mais modeste dans les pas progressifs que l'on demande aux enseignants de franchir, tenant compte de leur capacité d'absorption de l'innovation. Une réforme qui exige trop des enseignants en une fois est une réforme qui conduit souvent au non-changement. Toute génération ultérieure de programmes et de manuels scolaires algériens en termes de compétences devra donc agir sur les deux fronts : à la fois affirmer clairement ces ambitions en termes de visée, mais aussi proposer des changements réalistes et progressifs, pour garantir que ces derniers soient effectifs dans les écoles.
Les responsables du système éducatif algérien ont également bien compris les trois implications principales à leur niveau : (1) outiller les enseignants par des documents qui proposent des situations complexes à titre d'exemples de ce qui est attendu des élèves à chaque niveau, dans les manuels scolaires ou dans des banques de situations (2) former les enseignants à construire des situations d'évaluation, à corriger des copies d'élèves de manière critériée, et à exploiter les résultats des élèves à des fins formatives (3) assurer un accompagnement de ces enseignants dans leurs classes.
Responsables, inspecteurs, chefs d'établissements, chercheurs, enseignants, chaque catégorie d'acteurs a donc un rôle clé à jouer dans cette réforme ambitieuse mais nécessaire pour tout système éducatif qui veut rester à la fois efficace et démocratique. 

 

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Quelques approches pédagogiques

Une approche est la manière par laquelle la situation pédagogique est abordée. Les différentes approches présentées ci-dessous ne sont pas exclusives les unes des autres et la liste n’est bien sûr pas exhaustive !

  •  
    • Avec l’approche sensorielle
      Il s’agit d’appréhender l’environnement en sollicitant les cinq sens, notamment ceux que nous n’avons pas l’habitude de solliciter consciemment et activement dans l’environnement (ex : étude d’un paysage sonore).
  •  
    • L’approche ludique :
      Le jeu est considéré comme une approche particulièrement adaptée à la sensibilisation car il peut faire appel aux sens, à l’observation, à l’analyse, à la mise en situation...
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    • L’approche créative
      Elle s’appuie sur les arts plastiques, la musique et toute autre forme d’art. Il s’agit de créer en s’inspirant du milieu biophysique ou à partir d’éléments trouvés dans l’environnement. L’art peut être utilisé comme un médiateur, la création artistique peut aussi être une finalité.
  •  
    • L’approche systémique
      Elle consiste à prendre en compte la complexité des réalités environnementales sous la forme d’un système. Il s’agit de prendre en compte non seulement les éléments biophysiques en jeu dans l’environnement mais également leurs relations et leurs interactions mutuelles. Le principe fondamental de la logique systémique est que « le Tout est plus que la somme des parties ». Un système est une forme d’organisation mais aussi un processus dynamique en perpétuel mouvement.
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    • L’approche scientifique
      Lenvironnement devient une source inépuisable d’expériences, d’observations pour vérifier des hypothèses et construire des expérimentations dans un processus permanent d’essais / erreurs. Cette approche est calquée sur les démarches des sciences dites dures (expérimentales, déductives et rationnelles).
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    • L’approche cognitive
      Elle privilégie la transmission de savoirs, de connaissances. Il s’agit d’abord et avant tout de faire connaître les éléments qui composent l’environnement et leur fonctionnement. C’est l’approche dominante dans le système scolaire français.
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    • L’approche pragmatique
      Elle invite à passer à l’acte dans le cadre d’un projet de protection de l’environnement, de réhabilitation d’un milieu ou de sensibilisation. Cette approche repose sur l’idée qu’il est nécessaire de s’engager dans l’action pour que les savoirs et compétences environnementales acquises aient une application concrète.
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    • L’approche par résolution de problèmes
      Elle part du constat d’un problème présent, souvent dans l’environnement proche, et consiste à mettre en œuvre toutes les stratégies nécessaires pour résoudre ce problème. Cela inclut la recherche d’informations pour mieux cerner le problème, l’identification de solutions, leur mise en œuvre et l’évaluation des solutions retenues. La démarche de résolution de problème s’appuie sur la collaboration.
  •  
    • L’approche comportementale
      Elle a pour intention la mise en pratique des comportements vis-à-vis de l’environnement. C’est l’apprentissage d’une manière d’être, de gestes, pour respecter l’environnement. La notion de responsabilité de la personne est au cœur de cette approche.

 

La Pédagogie par Problèmes

 

 

"Un vrai apprentissage est basé sur la découverte guidé par un mentor plutôt que sur la transmission de l’information."

John Dewey

L’apprentissage est la maîtrise d’un métier, profession, ou domaine de connaissances acquis par un engagement sous l’égide d’un maître. On parvient à la maîtrise par le travail sur des problèmes réels du monde actuel, où la pertinence est evidente à l’apprenti et l’apprentissage a lieu dans une communauté de pratique. Problem-Based Learning (PBL), ou "l’Apprentissage par resolution de problèmes" est une méthode d’enseignement qui a de forts parallels au procédé d’apprentissage traditionel. (Wee & Kek, 2002)

Motifs pour des Pédagogies Alternatives

Lorsque les dirigeants d’entreprises et d’industries identifient les qualités recherchées chez leurs futurs employés, (nos étudiants actuels), la liste comprend souvent les éléments suivants (Wingspread Conference, 1994):

Haut niveau de compétence en communication

Capacité de définir des problèmes, ramasser et évaluer l’information, développer solutions

Travail d’équipe – capacité de travailler en groupe

Capacité d’employer toutes ces qualités precédantes afin d’adresser des problèmes dans le contexte d’un monde réel et complexe

Comment pourrions-nous aider nos étudiants à y arriver? Les études montrent que l’apprentissage en collaboration est une méthode supérieure pour le développement des diplomés qui possederont les compétences affinées dont ils auront besoin après leur éducation formelle. Les recherches montrent que l’apprentissage en collaboration donne les résultats suivants (Johnson, Johnson, & Smith, 1998):

 

Réussite Universitaire:

o

 

 

Plus grand accomplissement, y compris l’acquisition des compétences, précision, créativité dans la resolution des problèmes, et un niveau plus élevé de raisonnement.

Effets sur l’attitude

o

 

 

persistance vers objectifs, motivation intrinsèque, application des connaissances dans d’autres domaines, plus de « temps sur tache »

 

Introduction au "Problem-Based Learning"

"L’idée principale derrière PBL c’est que le point de depart dans l’apprentissage devrait être un problème, une question, ou une énigme que l’apprenti désire résoudre."

D. J. Boud

 

"Problem-based learning" est une méthode d’instruction qui pousse les étudiants à "apprendre comment apprendre", en collaborant en groupes pour trouver des solutions aux problèmes du monde réel.

(Duch et al., 2001).

Ces problèmes engagent la curiosité des étudiants et servent ainsi à initier l’acquisition de la matière à maîtriser. Le PBL est fondamentalement caracterisé par l’emploi de problèmes du "monde reel" comme contexte où les étudiants peuvent apprendre la pensée critique et l’aptitude de resolution des problèmes, et acquerir les connaissances des concepts cléfs du cours.

En employant la méthode PBL, les étudiants acquièrent pour la vie les compétences d’apprentissage, y compris la capacité de trouver et de se servir des ressources appropriées.

L’attrait de "problem-based learning" a plusieurs éléments. Problèmes ouverts et soigneusement construits aident aux développement des capacities de la pensée critique. A travers de tels problèmes les étudiants rencontrent des concepts dans leurs contextes riches, ce qui donne un sens à ces idées et encourage leurs rétention. En encouragent les étudiants à évaluer leurs propres connaissances , à reconnaître leurs manquements, et à y remédier par leurs propres recherches, PBL pourvoit un modèle explicite pour un apprentissage continuel (Boud and Feletti, 1997). A travers PBL, les étudiants apprennent comment apprendre, comment poser les bonnes questions afin de parvenir aux solutions.

En plus, le format de travail en groupe apprend aux étudiants la puissance d’un travail collectif, favorise la communication précieuse et les compétences interpersonnelles, mais aussi crée un sens de communauté où la diversité devient un point fort….. ce qui enrichit l’expérience d’apprentissage pour tous. PBL s’adresse aux intérêts réels de l’industrie et des écoles supérieures ; que les diplomés arrivent déjà equipés des compétences nécessaires pour la résolution des problèmes, et qu’ils sachent communiquer avec efficacité à travers les disciplines et travailler ensemble pour résoudre des problèmes. (NSF, 1997)

Le processus utilisé en PBL est le suivant:

Les étudiants sont confrontés par un problème (étude de cas, travaux de recherche, videocassette, par exemple). Dans les groupes, ils organisent leurs idées, discutent de leurs connaissances relatives au problème, et tentent de définir la nature globale du problème.

A travers les discussions, les étudiants posent des questions, (appelée "question pendante d’apprentissage"), concernantes les aspects du problème qu’ils ne comprennent pas, et celles-ci sont notées. Les étudiants sont continuellement encouragés à définir ce qu’ils savent, et plus important encore, ce qu’ils ne savent pas.

Les étudiants classent, par ordre d’importance, les « questions pendantes d’apprentissage » qui sont soulevées dans la discussion. Ils décident quelles questions globales seront recherchées par le groupe entier, et lesquelles sont plus restreintes et peuvent être attribuées aux individus.

Les étudiants et leur professeur discutent les ressources qui seront nécessaires afin de rechercher les questions posées, et plus important encore, où les trouver. Après une période de temps destinée à la recherche, le groupe se rassemble pour discuter les questions et pour intégrer leurs nouvelles connaissances dans le contexte du problème. Aussi, les étudiants sont encourages à résumer leurs connaissances et à connecter les nouveaux concepts aux anciens.

Ils continuent à définir des "questions pendantes" au fur et à mesure de leur progression dans la résolution du problème. Les étudiants se rendent compte que l’apprentissage est un processus continu, et qu’il y aura (même pour le professeur) toujours des questions à explorer.

Le professeur doit guider, sonder et soutenir les initiatives des étudiants, plutôt que de sermonner ou de pourvoir des solutions faciles. Le dégré d’intervention du professeur dans un cours PBL doit être decidé par chaque professeur, basé sur l’effectif, la maturité intellectuelle des étudiants, et les objectifs d’instruction pour le cours. Lorsque les idées PBL sont incorporées dans les cours, les professeurs donnent le pouvoir aux étudiants en les rendant responsable de leur propre apprentissage, ce qui les aide à développer l’habitude et l’independance d’être en quelque sorte un « apprenti à vie ».

Malgré les avantages de PBL pour l’amélioration de l’expérience d’apprentissage, son adoption en tant que méthode d’enseignement n’est pas fait à la légère. Abandonner la sécurité et l’autorité du podium peut s’averer déstabilisant pour professeurs accoutumés à ce format traditionnel, où le professeur est central. En plus, le manque de matériel adapté et de problèmes destinés au format PBL dresse une barrière aux professeurs qui sont prêts à répondre au défi PBL. On ne peut pas exaggerer l’importance de la formation des professeurs en PBL, et aussi le développement d’un programme d’études adapté est d’une nécessité primordiale.

 

La pédagogie efficace

Sur quoi se baser pour raffiner la pratique de l'enseignement

Il est possible de définir et de décrire un enseignement efficace. Il devient donc possible d'améliorer la pratique de l'enseignement par le biais de programmes de perfectionner professionnel qui poussent les enseignants à la réflexion.
Principes de base d'une pédagogie efficace
Une pédagogie efficace est guidée par des approches pédagogiques générales et des pratiques de l'enseignement précises. Les approches et les pratiques de l'enseignement préconisées dans ce document sont basées sur les croyances suivantes de ce que constitue une pédagogie efficace.
1.    Une pédagogie efficace est éclectique (variée).
La pratique de l'enseignement ne doit pas être entravée par l'idée qu'il n'existe qu'une seule façon de bien faire les choses. Il faut au contraire inviter l'enseignant à élargir son répertoire d'approches pédagogiques en prenant des risques dans un environnement qui l'encourage.

2.    Une pédagogie efficace est directement liée au succès de l'expérience d'apprentissage.
On peut parler de pédagogie efficace lorsque l'enseignant  parvient à combiner l'élaboration d'un programme solide avec un enseignement parfait, pour une expérience d'apprentissage fructueuse. Il est essentiel qu'il y ait réciprocité entre l'enseignant et ses élèves. Cela signifie que l'élève doit être perçu comme un participant actif de la démarche d'enseignement et d'apprentissage.

3.    Une pédagogie efficace est la pratique professionnelle responsabilisée en action.
Elle encourage les enseignants à faire preuve d'initiative et de souplesse dans leur façon d'enseigner, pour mieux répondre aux besoins des élèves.

4.    Une pédagogie efficace intègre les composantes du tronc commun.
Lorsqu'ils prennent des décisions pédagogiques, les enseignantes doivent tenir compte du contenu, des perspectives et de la démarche précisés dans le programme d'études pour un domaine d'étude obligatoire ou un cours choisi localement, et dans les apprentissages essentiels communs appropriés. Ils doivent également prendre des décisions au sujet de l'adaptation de l'enseignement pour répondre aux besoins de chaque élève.

5.    Une pédagogie efficace est générative et dynamique.
Des variables en perpétuelle évolution ont une incidence sur les décisions pédagogiques. Les enseignants et enseignantes sont encouragés à élargir leur répertoire d'approches pédagogiques en tenant compte des fondements de la recherche, de toute les connaissances pratiques et théories actuelles et du rôle actif que joue l'élève dans son apprentissage.

6.    Une pédagogie efficace reconnaît que l'enseignement est un art aussi bien qu'une science.
Un enseignement réussi est celui qui réalise le mieux l'équilibre entre l'art (qui a prédominé dans le passé) et la science de l'enseignement.

7.    Une pédagogie efficace reconnaît une compréhension globale du cycle pédagogique.
Le cycle pédagogique consiste à évaluer les besoins, les intérêts et les points forts des élèves par le biais d'observations et de consultations avec eux. Les enseignants et enseignantes sont alors en mesure de déterminer les approches pédagogiques qui conviennent, de dispenser leur enseignement d'une manière qui corresponde aux aptitudes et aux styles d'apprentissage des élèves et d'évaluer la croissance et le niveau de compréhension des élèves. Le cycle se termine par une autoréflexion des enseignants et par des autres consultations entre enseignants et élèves.

8.    Une pédagogie efficace s'exprime le mieux quand les éducateurs collaborent entre eux pour élaborer, implanter et perfectionner leurs pratiques de l'enseignement.
On peut améliorer sa façon d'enseigner en prêtant une attention systématique et soutenue à son propre perfectionnement professionnel. Les enseignants  peuvent perfectionner leurs pratiques de l'enseignement en participant à des programmes de perfectionnement professionnel ou en travaillant avec des collègues et des responsables de la supervision. Ces programmes doivent comporter des éléments de réflexion personnelle tels que ceux que l'on trouve dans ce document.

L'enseignement



L'enseignement est un art aussi bien qu'une science. C'est aux éducateurs que revient de faire équilibre entre les deux.
Ce document avec son infrastructure pédagogique souscrit à l'idée qu'une pédagogie efficace relève à la fois de la science et de l'art. Il confirme la notion que l'enseignant est celui qui prend les décisions pédagogiques et qu'ils ont donc besoin de toute une gamme d'approches pédagogiques parmi lesquelles ils peuvent faire un choix lorsqu'ils prennent des décisions avisées. Ce document souscrit également à l'idée que c'est discutant des raisons de leurs succès et de leurs échecs que les enseignants et enseignantes peuvent améliorer leur enseignement. C'est uniquement par cette autoréflexion et par ce discours professionnel qu'ils peuvent saisir l'essence de ce qui constitue un bon enseignement.



Les enseignants


Les enseignants doivent se percevoir comme ceux et celles qui prennent les décisions pédagogiques. Ils doivent posséder une base de connaissances solide sur l'enseignement, un répertoire de pratiques d'enseignement et des capacités de réflexion et de résolution de problèmes

L'enseignant ou l'enseignante doit :
·    être bienveillant et enthousiaste;
·    bien connaître son sujet et la façon de l'enseigner;
·    attendre beaucoup de ses élèves;
·    comprendre les liens entre l'enseignant ou l'enseignante, l'apprenant et la tâche pédagogique;
·    faire part à ses élèves d'une rétroaction constructive et cohérente.
L'élève doit :
·    vouloir apprendre le sujet à étudier;
·    voir la pertinence du sujet à étudier;
·    prendre part aux décisions relatives à son apprentissage;
·    se sentir motivé;
·    comprendre les rapports entre l'approche pédagogique et l'expérience d'apprentissage.
La tâche pédagogique doit :
·    être spécifique et de dimension raisonnable;
·    être réalisable compte tenu des capacités et des intérêts de l'élève;
·    faire participer l'élève activement;
·    poser un défi à l'élève et lui sembler pertinente.

Les élèves


Les élèves doivent être perçus comme des apprenants autonomes qui peuvent devenir conscients de leurs propres besoins et de la manière d'y répondre.
Pour devenir des apprenants autonomes, il existe plusieurs processus de développement dont les élèves peuvent suivre les étapes :
·    de dépendants à indépendants;
·    de connaissance et compréhension à synthèse et évaluation;
·    de préopérationnel à raisonnement structuré;
·    d'un environnement d'apprentissage fermé à un environnement ouvert.

Résumé

Les « Approches pédagogiques » reposent sur des fondations multiples. Parmi celles-ci :
·    il est possible de définir et de décrire une pédagogie efficace;
·    l'enseignement est un art aussi bien qu'une science;
·    les enseignants doivent se percevoir comme ceux  qui prennent les décisions pédagogiques;
·    enseignants  doivent percevoir les élèves comme des apprenants autonomes.
Chacun de ses paramètres souligne l'importance de la prise de décision pédagogique, surtout si l'on tient compte des défis qui se rattachent à l'exécution des composantes du tronc commun.
Il faut aider le lecteur à bien comprendre la gamme et la complexité des approches pédagogiques. Le chapitre qui suit propose une infrastructure dont le but est d'illustrer un aperçu comparé de la pratique de l'enseignement.

Le processus de réflexion

Ce document devrait être d'un précieux secours pour les éducateurs :
·    en affirmant l'art d'enseigner;
·    en suscitant la discussion;
·    en poussant à la réflexion;
·    en fournissant un appui pour favoriser le perfectionnement professionnel.
Les questions qui portent à la fin de chaque chapitre ont été conçues dans cette intention. Elles servent de cadre à la réflexion personnelle et de point de départ pour les discussions en groupe sur les différents sujets abordés dans ce document.

Questions qui portent à la réflexion

1.    Quelles sont les approches pédagogiques dont je me sers en classe? Pourquoi? Qu'est-ce qui m'a poussé à adopter mon style d'enseignement actuel?
2.    Quelles autres approches pédagogiques aimerais-je incorporer dans ma pratique de l'enseignement?
3.    Lorsque je songe à l'intégration de la science de l'enseignement et de l'art d'enseigner, je vois un enseignement qui…




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